Culture

Tendre sorcière du désert

Marie-Luce Pelletier-Legros, Métro

Anik Jean n’a pas froid aux yeux. Après avoir passé l’été à sillonner le Québec en effectuant la tournée des festivals, elle affrontera avec sa moto le désert du Maroc du 9 au 19 octobre à titre de porte-parole du Trophée Roses des sables, auquel 61 autres équipages de femmes participent. À peine revenue d’une randonnée de 1 200 km où son Kawasaki KLX 250 l’a menée jusqu’au mont Washington, au New Hampshire, elle a parlé de ce nouveau défi à Métro, assise sur sa précieuse moto, dans une ruelle.

Comment as-tu été sollicitée pour devenir porte-parole du Trophée Roses des sables?
J’ai rencontré l’attaché de presse de Roses des sables à Toronto, et il m’a parlé du projet. Je lui ai posé plein de questions : «Est-ce que je peux y aller? As-tu une porte-parole?» Deux semaines plus tard, il m’a rappelée pour me demander si j’étais toujours intéressée. Mais moi, je ne voulais pas passer deux jours au Maroc et remettre le trophée à la fin de la course, je voulais être avec les filles tout le long, vivre le trip.  

Quelle est la principale différence entre le Trophée Roses des sables et le Rallye des Gazelles?

C’est pas mal la même affaire, sauf qu’il y a une différence dans la manière d’effectuer le rallye. La plupart le font en 4 x 4, d’autres en moto, mais tout ce que l’on a, c’est une boussole, un road book, un carte. That’s it! On n’a pas de GPS. En plus, c’est une cause humanitaire. Chaque fille emporte 50 kg de biens, soit de la médication, soit des effets scolaires, des vêtements. Elles emmènent ça au Maroc, et les organisateurs s’occupent eux-mêmes de la distribution. Ça ne passe pas à travers 75 000 organismes. C’est l’fun parce que c’est un gros challenge pour une femme de partir 10 jours dans le désert pour un rallye. Moi, je suis full énervée : même si je fais chaque jour de la moto, ça ne sera pas pareil d’en faire dans le désert.

Et la moto, ça fait longtemps que tu en fais?

C’est ma deuxième saison. Je fais plus de trail que de route. J’haïs ça rouler sur la 40 ou sur la 20, je passe tout le temps par les petits villages et quand je vois une trail, je rentre dedans.

Dans le désert, tu dois être capable de te débrouiller si jamais un pépin mécanique survient…

Oui. Si tu as une crevaison, il faut que tu sois capable de changer ton pneu. Mais il y a tout le temps une équipe de sécurité qui nous suit. En plus, un hélicoptère nous suit après chaque trajet.

Quel est ton objectif ?

Moi, je veux le compléter, c’est certain, je veux le faire de A à Z.

Quel genre d’été t’apprêtes-tu à passer en prévision du Trophée Roses des sables en octobre?

C’est sûr que je vais faire de la moto «au boutte». Je vais aller en faire dans les trails, dans le sable, pour m’habituer au feeling. Je vais aussi m’entraîner côté cardio.

trophee-roses-des-sables.com

Articles récents du même sujet