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Tokyo Sonata: Sonate de la vie moderne

Jennifer Lesieur, Métro France

La couverture complète du Festival de Cannes: www.journalmetro.com/cannes 

Avec Tokyo Sonata, Kiyoshi Kurosawa délaisse les films d’horreur pour plonger poétiquement dans les problèmes du Japon moderne.

Le point de départ du film est-il inspiré de faits réels?
Ce sont des événements qui font partie de la vie quotidienne du Japon. Je connaissais ce genre d’histoire avant même de réaliser le film, car tous les Japonais connaissent les petits drames de cette famille, c’est notre lot commun.

Chacun cherche des échappatoires : l’armée, la musique… Pourtant, tout semble leur être interdit!
Il n’y a pas d’interdiction formelle ; simplement, le problème du Japon – et des gens qui se sentent enfermés dans le monde moderne – ne savent plus vers où se diriger. C’est surtout une question de moyens. Tout est devenu très compliqué, et j’ai voulu montrer l’angoisse, la déstabilisation que cela provoque.

Takashi, le frère aîné, est le seul à revendiquer le droit au bonheur. Son père pense que c’est dérisoire…
Le père veut certainement le bonheur de son fils, mais ils n’ont pas la même définition du bonheur. Quel est le bonheur pour chacun d’entre eux ? Plus ils parlent, plus ils s’aperçoivent qu’ils sont différents. Chaque membre de cette famille a des secrets, volontaires ou non, impossibles à partager, jusqu’à se sentir plus isolés que jamais. C’est aussi pour cela qu’au final, la réconciliation se fera sans les mots, elle passera par la musique et le regard.

Critique express

  • Tokyo Sonata
  • Réalisateur: Kiyoshi Kurosawa
  • Casting: Teruyuki Kagawa, Haruka Igawa, Yu Koyanagi

 

  • Un père de famille perd son emploi. Incapable de l’avouer à sa famille, il erre dans Tokyo, déjeune à la soupe populaire, tombe sur un ami de lycée au chômage qui programme son téléphone pour qu’il continue de sonner. Muré dans ses soucis matériels, il ignore les rêves d’évasion de ses proches. Sa femme a un faible pour les décapotables, son fils aîné veut s’engager dans l’armée américaine, le plus jeune prend des cours de piano en cachette avec l’argent de la cantine…

    Tokyo Sonata est construit comme une partition de musique : une première partie pose les motifs mélodiques, un climax fortissimo (une nuit initiatique surréaliste) transforme ses personnages, et une coda réunit ses éléments dispersés sur fond de Clair de Lune de Debussy. Sur une tonalité douce et mélancolique, Kurosawa déroule joliment les aspirations profondes d’une famille presque ordinaire pour offrir une magnifique allégorie du Japon moderne.

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