Bas les masques pour Gatineau!
Les membres de Gatineau comparent leurs chansons à des pièces de théâtre. Des Å“uvres parfois osées, très souvent drôles, mettant en vedette des personnages fort différents.
Pas étonnant d’apprendre qu’à leurs débuts, les gars s’improvisaient chaque soir un costume avant de monter sur scène. Une tradition qu’ils ont tous laissée tomber, à l’exception du batteur Jean Sébastien Nicol (alias Burne Macpherseünd), qui se plaît à porter une énorme tête de loup.
«On était dans notre phase de recherche, explique Keuk. On n’avait pas de limites. On faisait ce qu’on voulait. On s’était bâti une réputation de band ben weird. Mais ça nous donnait la pression de trouver quelque chose de nouveau à chaque show. Quand c’est rendu que tu passes plus de temps à te demander de quoi tu vas avoir l’air pour le show que ce que tu vas jouer, c’est moins drôle.»
«On voulait être pris au sérieux, ajoute le chanteur Seba. On ne voulait pas
toujours avoir l’air d’une gang de caves!»
C’est donc sans masque -mais peut-être avec une cagoule (pour interpréter ses chansons les plus hard) – que le groupe foulera les planches du Club Soda, demain soir, dans le cadre de l’évenement Coup de cÅ“ur francophone.
Gatineau y présentera les titres de son CD éponyme, qui a reçu le prix de l’Album hip-hop de l’année au dernier Gala de l’ADISQ.
Composé de 17 pièces, l’opus en a choqué plus d’uns à sa sortie à l’automne 2007. Les paroles de Pointe All-Dressed et de Dégage! sont si crues qu’on n’ose même pas les retranscrire ici… Disons seulement que le premier parle d’épilation intégrale, tandis que le deuxième traite des filles qui s’accrochent trop après un one night stand.
Pour Gatineau, aucun sujet n’est tabou. Pas même la religion (The Christ Is Right) et la violence dans les écoles (Éléphant).
Le quatuor se défend toutefois de verser dans la provocation facile. «On peut provoquer, mais on fait l’effort d’apporter un deuxième degré, précise Keuk. Ce n’est pas gratuit.»
«On a un humour décalé et on joue beaucoup avec la langue, le joual, note Seba. On aborde le type de sujets que les gens préfèrent garder pour eux-mêmes. Mais je suis certain qu’il y en a qui sont contents de voir que quelqu’un met en paroles ce qu’ils pensent vraiment.»
Gatineau et Radio Radio
Au Club Soda
Demain soir, à 20 h
www.gatineau.mu