Critiques CD de la semaine du 26 au 30 janvier 2009
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Carl-Éric Hudon, Mara Tremblay, Bruce Springsteen, Franz Ferdinand et Marc-André Fortin.

| Petit bijou |
| Carl-Éric Hudon |
| Contre le tien Ananas Bongo Love (4/5) |
Avec son deuxième album, Carl-Éric Hudon nous offre 11 petits bijoux. L’artiste a travaillé chaque pièce tel un orfèvre, avec comme complice Navet Confit à la réalisation. Chaque pièce de Contre le tien Ananas Bongo Love propose un univers musical et littéraire différent. On passe de plages planantes parfois noires à d’autres, plus joyeuses et sucrées. Le banjo, la trompette et le piano croisent ici et là les guitares et les percussions dans une harmonie complète. Le musicien séduit notre oreille. On se sent bien dans la bulle singulière et un peu expérimentale qu’il construit note après note.
– Geneviève Vézina-Montplaisir

| Intime beauté |
| Mara Tremblay |
| Tu m’intimides (4/5) |
Tu m’intimides, c’est Mara Tremblay dans toute sa fragilité, mais aussi dans toute sa complexité. La chanteuse ne renie pas l’incursion dans les ambiances aériennes amorcée sur l’opus précédent, pas plus qu’elle n’oublie les influences folk et country caractéristiques de son univers (Devant l’orage), mais elle y fusionne un son électrique d’une fort belle intensité (Hydrocarbone). De quoi élever la tension dans un doux amalgame de résignation et d’espoir. «Je rêve moins, peut-être bien, mais je rêve encore», chante Mara. Ce qui résume tout le paradoxe sur lequel repose cet album, mature et réussi.
– Christian Duperron

| Lettre d’amour |
| Bruce Springsteen |
| Working on a Dream (4/5) |
Même si aucun des 13 titres du nouvel album du Boss ne traite directement de politique, il n’en demeure pas moins que Working on a Dream est truffé d’images évoquant la classe ouvrière américaine, ses rêves et ses aspirations. Après avoir exprimé sa peur et son dégoût pour l’Amérique de Bush sur Magic, le rockeur de 59 ans signe ici une lettre d’amour à sa nation. De l’enivrante pièce-titre au country-folk mélancolique de Tomorrow Never Knows, Bruce vise dans le mille. On se régale aussi de la chanson-thème du film The Wrestler, curieusement ignorée pour les Oscars.
– Marc-André Lemieux

| Solide constance |
| Franz Ferdinand |
| Tonight: Franz Ferdinand (3,5/5) |
La critique n’a pas accueilli Tonight, la dernière galette de Franz Ferdinand, avec le même enthousiasme que les deux premiers albums du quatuor. On les accuse de ne pas se renouveler. Vrai que les titres les plus emballants du disque (Ulysses, No You Girl) sonnent comme le vieux matériel du groupe, mais peut-on s’en plaindre quand tout ça est bien fait? Bien peu de groupes font aussi bien les choses que FF sur des beats vintage. Et on ne peut dire que Tonight ne présente rien de nouveau. Les rythmes sont un peu plus dansants et le band propose peut-être le plus achevé de ses trois opus.
– Vincent Fortier

| Deuxième prise… |
| Marc-André Fortin |
| Juste ici (2/5) |
Après avoir vendu 35 000 copies de son premier CD, Marc-André Fortin revient avec Juste ici, un opus qu’il a produit. Composé essentiellement de reprises (seule la pièce Assez de temps de Richard Charest est inédite), l’album de l’ex-académicien pèche par un excès d’arrangements piano-voix-cordes. Et il va sans dire que le style «musique de chambre» ne colle pas à Je fais de moi un homme de Daniel Bélanger ou à Une seule vie de Gérard DePalmas. Le chanteur réussit toutefois à surprendre avec Chair de poule de Jim Corcoran, le seul titre intéressant de cet album uniforme et ennuyant.
– Marie-Luce Pelletier-Legros
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt