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Critiques CD de la semaine du 29 octobre au 2 novembre

Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Ingrid St-Pierre, Kiss, Azari & III, Oxmo Puccino, Raphael et Francis Cabrel.

Fée des mots
Ingrid St-Pierre
L’escapade (3,5/5)

Avec ce deuxième opus, Ingrid St-Pierre confirme ce qu’on savait déjà : la jeune chanteuse a un talent indéniable pour composer des petits bijoux de textes empreints de romantisme, rigolos, touchants ou les deux à la fois. Elle ne tombe jamais dans le mielleux ou le mièvre, Ingrid. Elle manie la poésie avec brio et elle enrobe les mots chantés de sa jolie voix fluette d’une musique qui n’en fait jamais trop. Et ce, même si depuis sa Petite mam’zelle de chemin, ses arrangements se sont beaucoup étoffés. On ne doute pas que cette Escapade lui fera faire encore bien du chemin.
– Jessica Émond-Ferrat

Comme en 1970
Kiss
Monster (3,5/5)

Kiss ne s’en cache pas : la mythique formation espérait capturer l’énergie des années 1970, époque où elle a créé son meilleur matériel, avec son nouvel album, Monster. Pari difficile s’il en est un, mais Kiss a réussi. Monster est un voyage dans le temps surprenant. Même si Paul Stanley est celui qu’on entend chanter le plus souvent, c’est Gene Simmons qui livre la performance vocale la plus viscérale. L’homme à la langue surdimensionnée capture d’ailleurs l’esprit de l’album à merveille quand il gueule «I’m a Stone Age Man / I’m the king» sur la pièce Back to the Stone Age.
– Mathieu Horth-Gagné

Rave!
Azari & III
Azari & III (3,5/5)

Si vous avez passé les années 1990 dans les clubs et si les sonorités house vous manquent cruellement, ce disque saura toucher une corde sensible. Optant pour un son hautement original par les temps qui courent, Azari & III, un quatuor de Toronto, fait revivre avec doigté les beats électro du siècle dernier. Avec des grosses montées et des grosses «drops», ces morceaux rythmés évoquent les discothèques pleines à craquer de beau monde et les nuits sans sommeil. Usant d’instruments live, les gars infusent aussi une petite dose de funk et de disco dans leurs pièces, grâce aux voix des deux chanteurs, Fritz Helder et Cedric, mieux connus sous le nom de Starving Yet Full. Différent.
– Natalia Wysocka

Pesante poésie
Oxmo Puccino
Roi sans carrosse (3,5/5)

Le Français d’origine malienne Oxmo Puccino, dont la plume lui a valu le sobriquet de «Black Jacques Brel», dépose son rap sophistiqué sur un sixième album, Roi sans carrosse. L’artiste fait honneur à la référence si on oublie quelques excursions périlleuses, comme Le sucre pimenté, où il se farde d’une attitude frondeuse privilégiée par tant de jeunes pseudorappeurs. On renoue avec la douce, sensible et pesante poésie d’Oxmo sur Roi sans carrosse, où le révolté anonyme attend «un nouveau leader». De la tristesse, de la mélancolie, mais pas de nostalgie. Il vous le chantera sur Les gens de 72. Outre une livraison un peu monocorde, la cuvée est digne de la signature Oxmo.
– Charles-Éric Blais-Poulin

Virage à 180°
Raphael
Super-Welter (3/5)

Raphael revient avec un sixième album… surprenant à la première écoute. Avec Super Welter, le chanteur français a essayé de nouvelles choses, de nouveaux sons, de nouveaux genres. Celui qui nous avait fait voyager avec Caravane et qui nous avait un peu déprimés avec Et dans 150 ans propose un album plus violent aux mélodies pop déstructurées, où il a délaissé la poésie pour des mots assenés à coup d’uppercut. Dans certaines chansons (Voyageur immobile), on se demande si Benjamin Biolay n’est pas un ami proche. Dans d’autres, on sent l’influence de Bashung (Asphalte) et de Chamford (Insensible). Si l’artiste s’est fait plaisir, il nous faudra plusieurs écoutes pour nous y adapter.
– Anicée Lejeune

Coincé
Francis Cabrel
Vise le ciel (2,5/5)

Pour son 13e album studio, Francis Cabrel a choisi d’adapter en français 11 chansons de Bob Dylan. Ceux qui n’en pouvaient plus d’attendre du nouveau du chanteur français, c’est pour vous. On le reconnaît bien. Dans ses mots, mais surtout dans l’habillage musical. Cabrel a fait appel à de fidèles musiciens pour l’accompagner, et c’est du beau boulot. Cela dit, ceux qui ne font qu’apprécier Cabrel passeront leur chemin. Il est coincé sur cet album. Vocalement, il tombe sur les nerfs rapidement, étant dans un registre qui semble inconfortable. Puis, il tente plus d’imiter Dylan que de lui rendre hommage…
– Éric Aussant

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

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