Quoi voir aux RIDM
Alors que les RIDM continuent de battre leur plein, nous avons choisi pour vous trois œuvres à ne pas manquer.
Le Horse Palace
Ce très touchant documentaire de Nadine Gomez jette un regard tendre sur un Montréal qui n’existe presque plus, ou si peu. La réalisatrice montréalaise y suit surtout feu Leo Leonard, magnifique propriétaire du Horse Palace. Cette écurie, qui est un des derniers bastions du vrai Griffintown, résiste comme elle peut à l’assaut des règlements, des intempéries, et de tous ces «condos, condos condos» qui bouffent le paysage.
Avec une touche de nostalgie et de poésie, le film nous pousse à réfléchir sur notre façon de vivre, de courir. «Est-ce qu’on va éliminer tout ce qui est romantique au profit de l’efficacité et de l’argent?!» se demande une des employées de l’écurie. «Tout a changé. La courtoisie n’existe plus. La vie va trop vite!» déplore l’attachant Roméo, cocher passionné. À voir mercredi et\ou vendredi.
Pieces and Love All to Hell
Avec ce film délirant, Dominic Gagnon poursuit le travail entamé avec RIP in Pieces America. Dans cette suite, le réalisateur nous offre de nouveau un collage judicieusement monté de vidéos Youtube vouées à disparaître du web, car jugées «inappropriés». Au menu: récits de fin du monde, de complots et de zombies, servis en majorité par des dames! Présenté vendredi et dimanche.
Detropia
Probablement un des meilleurs docus que vous verrez cette année, Detropia nous entraine à Detroit, ville en faillite où les derniers travailleurs automobiles qui restent se font honteusement exploiter par les grosses compagnies, où la population a chuté de 50 % en 50 ans et où le maire, complètement désemparé, élabore une action radicale : relocaliser tous les habitants dans l’endroit le plus peuplé de la ville, histoire de pouvoir leur fournir des services de base (!)
Au delà de son sujet, ce film fascine par son traitement. Les réalisatrices, Heidi Ewing, Rachel Grady ayant pris le pari de rendre la désolation esthétique, et de tourner dans un soleil éclatant, elles évitent de rendre le glauque encore plus déprimant. D’ailleurs, des parcelles d’espoir illuminent le tout, comme ces chanteurs d’opéra qui continuent de monter des spectacles ou cette dame qui, au conseil de ville se lève pour crier: «Aussi longtemps que je vivrai, je resterai à Detroit!» Lundi et jeudi.