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Les Denis Drolet rendent hommage à Plume Latraverse

Les Denis Drolet se rendent bien compte de la surabondance d’albums de reprises sur le marché. Voilà pourquoi au terme de la dernière chanson de leur CD-hommage à Plume Latraverse, on les entend s’exclamer : «Une bonne de faite! Y est où l’chèque?»

En entrevue, par contre, les deux humoristes ne tiennent pas le même discours. Leur amour pour celui qu’ils considèrent comme l’un des plus grands poètes que le Québec ait jamais connus ne fait aucun doute, et ce, même si l’objet de leur admiration ne se gêne pas pour les qualifier de «splendides perroquets bruns» à l’intérieur de la pochette de leur disque!
«Plume, c’est un mentor depuis qu’on a 11 ans, dit Vincent «les palettes» Léo­nard. On l’admire énormément, tant pour sa philosophie que pour sa démarche artistique.»

Le souvenir de leur première – et unique – rencontre avec l’auteur-compositeur, il y a quelques années, dans une ruelle à l’arrière du Métropolis, demeure frais dans la mémoire des deux amis. Ils se rappellent l’événement auquel ils participaient (un spectacle-bénéfice animé par Patrick Groulx), la pièce qu’ils avaient interprétée (Lindbergh, avec Louise Forestier) et l’endroit précis de l’altercation avec Plume (dans les escaliers).

Le duo raconte avec fierté comment il a réussi à contenir son excitation et ainsi éviter de tomber dans les flatteries typiques de fans en délire, tels que «je t’aime» et «t’es le meilleur».
«On le connaissait assez bien pour savoir que ça le rendrait mal à l’aise, note Sébastien «le barbu» Dubé. Mais on n’a pas pu s’empêcher de le glisser en douce à la fin de la conversation.»

De la scène au studio
C’est sur la route, dans le cadre d’une tournée avec les Porn Flakes, qu’est née l’idée d’un hommage à Plume Latraverse. Les Denis Drolet ont tout d’abord porté le projet sur la scène de quelques bars, avant d’être recrutés, l’été dernier, par les FrancoFolies de Montréal. C’est à la suggestion du grand manitou du festival, Alain Simard, que le tandem a poussé l’expérience jusqu’au studio.

Sur Chants de Plume, les comiques reprennent 12 chansons de leur idole, dont Léon le caméléon et Rideau. L’omission de cer­tains titres phares de l’hirsute personnage, tels que Bobépine et Jonquière, ne tient pas du hasard. «On ne voulait pas seulement faire les hits, précise Léonard. On s’était donné comme mandat de faire découvrir de nouvelles pièces.»
«On trouvait ça important de mettre de l’avant des tounes plus obscures de son répertoire, ajoute Dubé. Bobépine est une excellente chanson, on l’aime bien, mais elle a fait beaucoup d’ombrage à l’ensemble de la carrière de Plume. À cause de cette toune-là, pour beaucoup de monde, Plume est quasiment un one-hit-wonder alors qu’en réalité, ce n’est vraiment pas le cas.»

Ainsi, Les Denis Drolet proposent leur version de Ne pleure pas petite fille, un morceau controversé, voire dérangeant, dans lequel des couplets sombres traitant d’inceste et de solitude côtoient un refrain festif. «Ça suscite une réaction, c’est sûr, observe Dubé. Et en tant qu’humoristes, on est contents quand on voit que ce qu’on fait provoque quelque chose.»

Même s’ils se réclament de Plume Latraverse, les comiques insistent : leur but n’a jamais été – et ne sera probablement jamais – de transmettre, par le biais de leurs blagues parfois absurdes, un quelconque message à caractère social. Ils veulent faire rire, un point c’est tout. «Notre touche grivoise, provocatrice, mordante, poilue et brune, elle vient de Plume, explique Vincent Léonard. Si on a un numéro qui est intelligent, mais pas très drôle, on le flushe. Mais si on a un numéro vulgaire, un peu niais, mais très drôle, on le garde.»

«Peut-être qu’avec l’âge, on va se tourner vers quel­que chose d’autre, poursuit Dubé. Peut-être qu’un jour, on va peut-être se dire : « Ça va faire, les deux ostis de cabochons! »»

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