Critiques CD de la semaine du 19 au 23 novembre
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Led Zeppelin, Death Grips, Matt Anderson, Green Day, Rihanna et Françoise Hardy.
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Un grand jour Led Zeppelin Celebration Day (4/5) |
Après le spectacle et le docu, voici le CD double/DVD. Si l’offensive promotionnelle entourant l’enregistrement du mégaconcert de Led Zeppelin en 2007 à Londres est un peu agressive, force est d’admettre qu’il s’agit d’un document d’anthologie d’une grande valeur. La chimie retrouvée de Robert Plant, Jimmy Page et John Paul Jones s’entend sur chacune des pièces, qui parfois s’étirent en de longues envolées musicales grisantes. Et le vieux Led Zep n’a peut-être jamais sonné aussi gigantesque qu’avec Bonham fils à la batterie. Le deuxième CD est de loin plus solide que le premier, mais après autant d’années, on leur pardonne les quelques pièces de réchauffement
– Maxime Huard
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BAM Death Grips No Love Deep Web (3,5/5) |
Un coup d’œil à la pochette sur laquelle se dresse un membre (masculin et non «du groupe») suffit pour savoir que Death Grips ne donne pas dans le chant de Noël. Porté par un buzz immense, le trio hip-hop de Sacramento, qui a fait paraître un premier LP en avril dernier, récidive avec No Love Deep Web. Si le second album de Zach Hill, ex-batteur de Wavves, et de ses comparses démarre en lion avec des beats industriels assez violents, l’agressivité se dilue un brin en milieu de parcours avec Whammy et Hunger Games, pièces plus «décontractées». On aime toutefois l’ambiance dérangeante du disque, son côté noise, et le vocaliste, MC Ride, qui gueule qu’il a des trucs à dire, «just for the fu*k of it»
– Natalia Wysocka
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Simple et sincère Matt Anderson Coal Mining Blues(3,5/5) |
Le nouvel album du bluesman Matt Anderson, Coal Mining Blues, est simple et sincère. Il chante autant la vie difficile des travailleurs que l’amour au fil de
12 chansons bien ficelées. Sa guitare et sa voix dominent peut-être les pièces, mais le Canadien laisse aussi beaucoup de place à ses musiciens. Les claviers ajoutent de la profondeur, tandis que les choristes complètent à merveille ses envolées vocales. De plus, même s’il maîtrise son instrument à la perfection, il ne s’embourbe pas dans des prouesses musicales. Il veut faire de bonnes chansons et non prouver qu’il est un virtuose. Il sera en spectacle au Cégep Marie-Victorin samedi.
– Mathieu Horth-Gagné
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Plaisant Green Day ¡Dos!(3,5/5) |
Green Day continue son trip hyperactif. Le groupe californien sort le deuxième album d’une trilogie à paraître en quelques mois – ¡Tré! est attendu le 13 décembre. Si le punk-pop (plus pop que punk) du groupe n’a pas la consistance de American Idiot (2004) et si le propos n’a pas sa profondeur non plus, le groupe est loin d’être essoufflé sur ce CD. On y trouve de nombreuses chansons plaisantes qui pourraient très bien figurer sur une liste de lecture de musique récente. Bref, décousu, mais plaisant. Moments forts : Lazy Bones, Nightlife (avec Lady Cobra) et Amy.
– Éric Aussant
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xxxx Rihanna Unapologetic (2,5/5) |
Rihanna nous propose, à 24 ans, un 7e disque, Unapologetic. Non, elle ne s’excuse pas, et cette désinvolture s’affiche dans la pochette où l’artiste expose tantôt sa clope, tantôt ses seins à moitié nus. Insoumise, Rihanna l’est aussi dans ses thèmes : refus de l’amour, luxure, indépendance. Sur Nobody’s Business, clin d’œil à Mickael Jackson, l’ancien couple Rihanna et Chris Brown font la paix et nous font violence sur un R&B éculé. «Ce ne sont pas de vos affaires», répètent-ils paradoxalement dans toutes les radios du monde. Bof. La douce Stay, avec Mikky Ekko, réussit à charmer, tandis que la parcipation d’Eminem sur Numb donne un peu de coffre à l’ensemble.
– Charles-Éris Blais-Poulin
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Ennuyant Françoise Hardy L’amour fou (1/5) |
Près de 50 ans après son premier disque et 2 ans après La pluie sans parapluie, l’icône de la chanson française, encensée depuis toujours (il nous semble), arrive avec du nouveau. Malheureusement, cette fois, c’est raté. Hardy a l’air d’une chanteuse de piano-bar qui, quelques heures après le last call, alors qu’elle est au bout du rouleau, sort ses dernières compositions… qui auraient dû finir dans le fond d’un tiroir. Toutes les chansons se ressemblent, les arrangements tombent à plat (même le piano s’ennuie), la réalisation est poche et les textes sont sans intérêt. C’est d’un ennui consommé. (Bâillement.)
– Éric Aussant
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





