Culture

Les croustillants adieux de C.A.

Au grand dam de Radio-Canada (et du nôtre, avouons-le), la quatrième saison de C.A. sera bel et bien sa dernière. Désirant «sortir de la chambre à coucher», l’auteur de la série, Louis Morissette, souhaite se consacrer à d’autres projets. «J’aurais l’impression de jouer avec le feu en m’embarquant dans une suite, a-t-il expliqué aux journalistes. Je ne veux pas prendre le risque de n’avoir plus rien à dire au bout de cinq demi-heures.»

Cette peur de la page blanche est bien fâcheuse, car à en juger par les deux premiers épisodes, présentés hier en visionnement de presse, Louis Morissette ne semble pas se rapprocher d’une panne d’inspiration, loin de là. L’humour vif et irrésistiblement outrageant de la série ne manque pas à l’appel, tout comme ses intrigues, de plus en plus prenantes. L’acteur et humoriste a d’ailleurs précisé que les aventures de ses quatre protagonistes prendraient une tournure beaucoup plus dramatique dans la deuxième moitié de cette ultime saison, mais a toutefois refusé de préciser la nature de ce revirement.

Mauvais coton
L’action de cette quatrième saison reprend 12 mois après l’accouchement de Sarah (Isabelle Blais) qui, rappelons-le, était tombée enceinte de son amant à la fin de la troisième saison. Dans sa grosse bicoque en banlieue de Montréal, la nouvelle maman veille à ce que tous les aspects du premier anniversaire de sa fille, Alexia, correspondent à ses goûts. «C’est une fête d’un an : ça prend des photos avec la face pleine de gâteau!» décrète-t-elle avec autorité. L’inclination du personnage à tout vouloir régenter n’agace pas seulement son chum (Alexandre Goyette), mais aussi le téléspectateur, qui peine à se rappeler l’époque où elle lui semblait si sympathi­que (quand elle enseigne à Martin la «bonne façon» de plier une serviette de bain, c’est elle qu’on a envie de remiser au placard).

Heureusement qu’il y a Maude (Sophie Bourgeois). L’impassible croqueuse d’hommes de la première saison s’est transformée en une émouvante célibataire, sans toutefois perdre son franc-parler et son petit côté bitch. Les amateurs de répliques colorées se régaleront des commentaires à la fois brutaux et désopilants de la jolie brunette. Des exemples? Voyant que Sarah peine à concilier vie familiale et vie sexuelle, elle lui lance : «T’es une femme ou une mère? Tu suces ou tu fais des lunchs?» Et ça ne s’arrête pas là. Découragée par le relâchement de sa meilleure amie côté bikini, elle s’écrie : «Je pense que t’as les Jackson 5 au grand  complet dans tes bobettes! Tu coupes ça et tu perds 12 livres automatiquement!»

Les garçons filent eux aussi un mauvais coton. Alors que Yannick (Antoine Bertrand) souffre de problè­mes érectiles avec sa nouvel­le blonde, Jean-Michel (Louis Morissette) touche le fond du baril. Sans emploi stable et aux prises avec un problème de drogue qui le rend agressif (il se retrouve au poste de police après s’être battu dans un bar), il ne réussit plus à séduire aussi facilement qu’avant, surtout lorsqu’il s’agit de jeunes poupées de 15 ans ses cadettes.

Aux dires de Louis Moris­sette, la quatrième saison de C.A. comportera plusieurs scènes coquines (le postérieur flambant nu d’Antoi­ne Bertand qu’on a pu voir dans le deuxième épisode compte sûrement parmi celles-ci), sans toutefois délaisser le drame, qu’elle explorera en profondeur dès le sixième épisode. Quant au contenu de la 13e et dernière demi-heure, Louis Morissette demeure évasif. «C’est une finale réaliste», s’est-il contenté de dire. Le décompte commence le lundi 4 janvier à 21 h 30.

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