Culture

Série documentaire Terres d'échanges: Choc culturel en parallèle

En proposant la série documentaire Terres d’échanges, la réalisatrice Mélanie Dion a voulu donner un visage humain aux flux migratoires. «On avait envie de rencontrer des immigrants qui sont venus faire leur vie ici, mais aussi des Québécois qui sont partis faire leur vie à l’étranger», a-t-elle expliqué lors d’une rencontre avec la presse.

Chaque émission présentée en janvier à Télé-Québec retrace à la fois le parcours d’un immigrant venu s’installer dans la Belle Province et celui d’un Qué­becois exilé. Leur point en commun : le pays d’adoption de l’un est le pays d’origine de l’autre. «Je trouvais intéressant cet effet miroir de deux histoires présentées en parallèle», a indiqué Mélanie Dion. Le premier épisode de cette série habilement tournée nous présente le musicien Juan Sebastian Laro­bina, originaire de l’Argen­tine, et l’artiste peintre Pascale Poulin, aujourd’hui établie à Buenos Aires. Arrivé en « gougounes» et ne parlant pas le français, le premier a réussi à s’intégrer à sa Gaspésie d’adoption grâce à sa musique. «La musique, c’est un langage universel», explique-t-il dans le documentaire.

Pascale Poulin, attirée en Argentine par la danse, a découvert un univers très stimulant pour son art. «On dirait qu’il y a des lieux qui nous permettent de nous rencontrer plus que d’autres», confie-t-elle à la caméra. Aujour­d’hui, elle peint et elle enseigne à des artistes argentins. La réalisatrice a eu la brillante idée de mettre en contact les deux expatriés qui se partagent la vedette de chaque émission. Les téléspectateurs seront ainsi témoins de leur choc culturel en parallèle.

Des blessures béantes
Bien que les migrants rencontrés soient heureux de leur sort, ils vivent avec une déchirure, celle d’avoir laissé derrière eux quelque chose qu’ils ne retrouvent pas dans leur nouveau pays. Le journaliste Martin Movil­la a quitté sa Colombie natale parce que des mena­ces de mort ont été proférées contre sa famille. «Je rêve d’y retourner», a-t-il confié après le visionnement de l’épisode auquel il a participé. Il s’ennuie entre autres de la chaleur hu­mai­ne des Colombiens, qui, au jour de l’An, sortent dehors pour s’embrasser. Juan Sebastian Larobina espère de son côté que ses filles seront un jour en contact avec l’esprit de débrouillardise qui règne en Argentine à cause des ressources limitées.

Terres d’échanges, à partir du 6 janvier, à 19 h 30,  à Télé-Québec

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