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La course aux Oscars: Les prédictions de Métro

Marc-André Lemieux et Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

L’avis de Marc-André Lemieux:

Ils étaient peut-être 10 sur la ligne de départ, mais seulement 5 d’entre eux ont vraiment participé à la course. L’Académie a scellé le destin de District 9, The Blind Side, A Serious Man et An Education le matin même du dévoilement des mises en nomination. En les excluant de la catégorie de la Meilleure réalisation, c’est un peu comme si elle avait transformé leurs espadrilles en talons aiguilles. Difficile d’accélérer quand on est si lourdement handicapé.

Considérant cette premiè­re coupe, on s’attriste uniquement pour District 9, la preuve éclatante qu’un excellent film de science-fiction vaut des centaines de drames larmoyants faits sur mesure pour plaire aux âmes les plus sensibles. D’une puissance évocatrice énorme (une allégorie sur l’apartheid et la ségrégation mettant en scène des extra-terrestres), l’Å“uvre de Neil Blomkamp mérite notre admiration.

Quant à The Blind Side, on n’arrive toujours pas à comprendre comment un film aussi conven­tionnel et formaté dans sa forme et son propos est parvenu à se tailler une place de choix dans la sélection 2010. Il n’y a aucun doute : les Améri­cains aiment leur football pour encenser un drame digne d’une diffusion en après-midi à l’antenne de TVA.

Prix de consolation
Un seul coup d’Å“il aux performances pré-saison du peloton de tête suffit pour poursuivre l’élimination. Après un départ canon dans les festivals (Sundance, Toronto, San Sebastian), Precious: Based on the Novel Push by Saphire a perdu son air d’aller aux Golden Globes, dont il n’est reparti qu’avec le prix de la Meilleure actrice de soutien pour Mo’Nique (renversante sous les traits d’une mère infiniment cruelle).

Même chose pour Up in the Air, qui devra sans doute se contenter de l’Oscar du Meilleur scénario adapté. Dommage, car ce petit bijou signé Jason Reitman nous a envoûtés grâce à ses personnages complexes et à son propos ancré dans la réalité.

Quentin mord la poussière

Aussi crève-cÅ“ur que cela puisse nous paraître, le stu­péfiant Inglourious Basterds n’arrivera pas non plus à émerger du lot. L’ébouriffant voyage dans le temps de Quentin Taran­tino regorge pourtant de qualités : une distribution cinq étoiles, une intrigue fantaisiste mais ancrée dans une horrible réalité, une réalisation hyper cool… Fort heureusement, les bâtards pourront se rabattre sur la palme du Meilleur acteur de soutien que remportera Christoph Waltz, à la fois charmant et extrêmement inquiétant dans l’uniforme SS d’un colonel nazi.

Photo-finish
Les membres de l’Aca­dé­mie devront donc recourir au photo-finish pour déterminer qui, d’Avatar ou de The Hurt Locker, franchira le fil d’arrivée en premier. Pour des raisons qui nous échappent (autres que la série de trophées qu’ils ont amassés au cours des deux derniers mois), les dé­mineurs de Kathryn Bi­ge­low auront raison des gros Schtroumpfs bleus de James Cameron.

Le coup de cÅ“ur de Marc-André: Inglourious Basterds

L’avis de Geneviève Vézina-Montplaisir:

Est-ce que l’Académie des arts et des sciences récompensera d’une statuette dorée Avatar, le plus gros succès cinématographique de l’histoire, ou bien The Hurt Locker, ou encore Inglourious Basterds, des films de guerre réalisés par des cinéastes au sommet de leur art?

On serait tenté de croire que l’Académie, qui a choisi cette année de mettre en lice 10 longs métrages dans la catégorie Meilleur film dans le but de faire augmenter les cotes d’écoute des Oscars, choisira la mégaproduction de James Cameron.

À notre grand dam, Quentin Tarantino et Kathryn Bigelow risquent de repartir, l’un ou l’autre, avec l’Oscar du Meilleur réalisateur. Pourtant, il serait temps que l’Acadé­mie rende hommage au génie à qui on doit Kill Bill et Pulp Fiction et qu’elle lui remette autre chose que le prix du Meilleur scénario original. La dernière offrande de Tarantino est tout à fait brillante et est l’exemple parfait de ce qu’est un vrai bon film.

À souligner également, la performance de Christoph Waltz dans Inglourious Basterds, qui est rien moins que magistrale. L’acteur se doit absolument de repartir avec la statuette du Meilleur acteur de soutien! The Hurt Locker mérite également de recevoir l’Oscar du Meilleur film. L’Å“uvre de Kathryn Bigelow est extrêmement puissante, prenante et réalisée de main de maître. En peignant le portrait sans fard d’hommes qui risquent tout en Irak, la réalisatrice deviendra-t-elle la première femme à voir son long métrage couronné Meilleur film?

Souhaitons par ailleurs que Jeremy Renner, qui incarne le héros du film, reparte avec l’Oscar du Meilleur acteur. Cependant, devant de grosses pointures comme Jeff Bridges, George Clooney et Morgan Freeman, le petit nouveau risque de se faire couper l’herbe sous le pied…

Chez les femmes
Du côté des femmes, nous aimerions voir les actrices de la relève Carey Mulligan, ou encore Gabourey Sidide, repartir avec les honneurs dans la catégorie de la Meilleure actrice. Cependant, l’Académie choisira certainement de récompenser des actrices de métier comme Meryl Streep, Helen Mirren, ou encore, elle choisira Sandra Bullock, qui a bien réussi son saut de la comédie au drame dans The Blind Side.

S’il y a un Oscar qu’une des membres de la distribution de Up in the Air devrait remporter, c’est celui de Meilleure actrice dans un rôle de soutien. Vera Farmiga est juste dans cette comédie dramatique de Jason Reitman et elle réussit à briller aux côtés du charismatique George Clooney… un exploit en soi!

Cependant, gageons que c’est Mo’Nique qui sera sacrée Meilleure actrice de soutien pour son étonnante prestation dans  Precious: Based on the Novel Push by Sapphire. L’humoriste a d’ailleurs goûté au triomphe aux Golden Globes et rien n’indique qu’elle passera à côté de son rêve dimanche soir. Les dés sont jetés…

Le coup de cÅ“ur de Geneviève: The Hurt Locker

Et les nommés sont…

Avatar
Geneviève dit: La technologie au service du cinéma. Un réalisateur en pleine possession de ses moyens, des images époustouflantes, mais un scénario un peu faible…
Marc-André dit: Au-delà des effets 3D à couper le souffle et d’un scénario d’une rare efficacité (quoique prévisible), ce blockbuster compte sur un casting de talent que l’Académie a malheureusement ignoré (Zoe Saldana, Sam Worthington, Sigourney Weaver).

The Blind Side
Geneviève dit: Une belle histoire, un beau film, une bonne performance de Sandra Bullock et de Quinton Aaron, mais pas assez de gueule pour remporter l’Oscar du Meilleur film.
Marc-André dit:
Dans la catégorie Drame sportif prônant le dépassement de soi, on a vu mieux (Remember the Titans, Glory Road). Mais dans le rôle d’une mère de famille au grand cÅ“ur, Sandra Bullock brille par son jeu nuancé qui ne verse jamais dans l’excès.

District 9
Geneviève dit:Un film troublant aux effets spéciaux impressionnants. Une réalisation ingénieuse, un montage énergique, mais une métaphore sur le racisme parfois trop crue pour nos cÅ“urs sensibles.
Marc-André dit: Un thriller de science-fiction d’une grande profondeur. Cette étonnante allégorie sur l’apartheid et la ségrégation nous montre jusqu’où certains humains sont prêts à aller lorsqu’on a le malheur de leur donner trop de pouvoir.

An Education
Geneviève dit:
Un film charmant avec la talentueuse Carey Mulligan. La perte de l’innocence d’une jeune fille, dans la banlieue londonienne des années 1960, et orchestrée de bien jolie façon.
Marc-André dit: Lone Scherfig aborde avec un peu trop de délicatesse la relation entre une jeune fille de 16 ans (irréprochable Carey Mulligan) et un homme de deux fois son âge (Peter Sarsgaard), mais engage une intriguante réflexion sur l’évolution du rôle de la femme.

The Hurt Locker

Geneviève dit: Le film le plus «vrai» sur la guerre en Irak qu’il nous a été donné de voir. Un fin portrait de soldats d’élite qui risquent leur vie chaque jour. Une Å“uvre très puissante.
Marc-André dit: La guerre en Irak vue à travers les yeux de courageux démineurs. La caméra nerveuse de Kathryn Bigelow transporte le spectateur au cÅ“ur de l’action, mais pour ce qui est de la psyché des personnages, elle demeure en surface.

Inglourious Basterds
Geneviève dit:
Quentin Tarantino au sommet de son art. Une relecture de la Deuxième Guerre mondiale tout simplement géniale. Des acteurs dirigés avec soin, une réalisation inventive.
Marc-André dit: Le tour de force de Tarantino : pondre un film résolument cool sur un sujet mille et une fois exploité au grand écran. Faut admettre que le cinéaste pouvait compter sur une distribution de haut calibre menée par un certain Brad Pitt.

Precious
Geneviève dit: Ce qu’on retient du film, c’est la performance des acteurs, tant celle de Gabourey Sidibe que celle de Mo’Nique. Même Mariah Carey nous a agréablement surpris.
Marc-André dit: Misérabiliste? Peut-être. Larmoyant? Sans doute. Precious réussit toutefois à nous toucher grâce à une histoire coup-de-poing et des performances exceptionnelles. Un bon film mettant en vedette Mariah Carey… Qui l’eût cru!

A Serious Man
Geneviève dit: Un retour aux sources pour les Coen. Une famille juive américaine des années 1970 en pleine crise. Toutefois, cette comédie noire n’est pas la meilleure du duo…
Marc-André dit: Un prof sans colonne vertébrale voit le tapis lui glisser sous les pieds. L’humour noir des frères Coen est au rendez-vous, mais pour ce qui est du reste, on repassera. Les fans du duo sauront peut-être apprécier cette comédie saugrenue à sa juste valeur.

Up
Geneviève dit: Un joli film animé mettant en vedette pour une rare fois une personne âgée. Par contre, le dernier né de Walt Disney n’a pas sa place dans la catégorie Meilleur film.
Marc-André dit: Un film d’une grande sensibilité qui est parvenu à toucher plusieurs générations. Le ton mélancolique de l’Å“uvre – et sa propension à se prendre un peu trop au sérieux – finit toutefois par agacer. Les studios Pixar ont déjà fait mieux.

Up in the air
Geneviève dit: Moins bonne que Juno, cette comédie de Jason Reitman où l’on trouve des acteurs de talent n’a pas réussi à répondre à nos attentes élevées. Dommage… 
Marc-André dit: D’apparence inoffensive, cette comédie dramatique signée Jason Reitman nous plonge lentement mais sûrement dans une profonde réflexion sur la solitude. Up in the Air séduit par son humour vif, son look branché et son ton faussement désinvolte.

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