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Inarritu se perd dans le noir

Jérôme Vermelin - Métro France

Sur la Croisette, le cinéaste mexicain Alejandro Gonzales Inarritu a choisi de dévoiler «Biutiful», son quatrième film.

Cinq ans après «Babel», splendide
odyssée globale en quatre langues, récompensée par le prix de la mise
en scène, c’est de nouveau sur la Croisette que le cinéaste mexicain
Alejandro Gonzales Inarritu a choisi de dévoiler «Biutiful», un
quatrième film au titre presque ironique.

Jugez plutôt : à Barcelone, Uxbal,
élève ses deux enfants pendant que sa femme, bipolaire et dépressive,
s’envoie en l’air avec son frangin. S’il possède un don de voyance qui
lui permet de communiquer avec les morts, c’est avant tout en
exploitant des clandestins, africains et chinois, qu’il parvient à
joindre les deux bouts.

Le sort s’acharne lorsqu’un médecin
lui annonce qu’il est atteint d’un cancer incurable… Drame intimiste à
l’esthétique bien (trop ?) léchée, «Biutiful» surprend par sa noirceur
extrême, oscillant entre fantastique et chronique sociale sans jamais
choisir son camp. Ni surtout communiquer l’émotion des précédents «Amours chiennes», «21 Grammes» et «Babel».

Inarritu aurait-il perdu la clé de
son humanisme grandiose en coupant les ponts avec le scénariste
Guillermo Arriaga ? Il peut heureusement compter sur la performance
intense de Javier Bardem, candidat potentiel au prix d’interprétation
en fin de semaine.

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