Robin des Bois revu et corrigé
Après plus de 10 ans de collaboration avec le comédien Russell Crowe, le réalisateur chevronné Ridley Scott est habitué à recevoir des appels téléphoniques tard dans la nuit. «Souvent, alors que je viens de mettre au lit, parfois avec un verre dans le nez, je me fais réveiller vers 1 h du matin par la sonnerie du téléphone. Dans ces cas-là, je me dis: « Ah, merde, c’est Russell », sourit Scott. Il appelle d’Australie et dit : « Ça va? J’espère qu’il n’est pas trop tard! » Et je dis : « Oui, il est trop tard! »»
C’est un tel appel qui a engendré leur cinquième et plus récente collaboration : Robin Hood (Robin des Bois). Au cours d’une de leurs conversations nocturnes, Crowe a présenté une idée à Scott. «Il a dit : « J’ai un scénario pour un projet de Robin Hood… » J’ai répondu : « D’accord, laisse-moi le lire. » Alors on s’est plongés dans le scénario, et j’ai constaté, soit dit avec un immense respect pour ceux qui l’ont écrit, qu’il avait besoin de beaucoup de travail, se souvient Scott. Et c’est ce qu’on a fait. On l’a complètement retravaillé.»
Le réalisateur admet que cette réécriture a pris bien plus de temps que prévu à cause de la grève des scénaristes de Hollywood. La première du film aura lieu demain au Festival de Cannes, une chose que Scott n’avait pas prévue. «Le Festival de Cannes essaie de se protéger en privilégiant les films très intellectuels, mais les choses changent, croit-il. Les organisateurs ont compris que toute une industrie gravite autour du cinéma. Bien sûr, on n’inscrit pas un film à gros budget en compétition à Cannes. Je ne ferais pas ça. Mais les organisateurs ont vu le film et ils ont dit qu’ils aimeraient ouvrir le festival avec lui, ce qui est très chouette.»
Le réalisateur avoue avoir cru que son Robin Hood causerait un certain émoi à Cannes, puisque les Français n’y sont pas présentés de façon très reluisante. «Je n’avais pas pensé qu’on ouvrirait le Festival de Cannes! dit-il. Les Français, qui détestent être battus dans quelque domaine que ce soit, vont détester ça, me disais-je. Quand les membres du comité l’ont vu, je leur ai demandé : « Et puis? » Je m’attendais à entendre : « Qu’est-ce que c’est que cette façon de nous botter le derrière à la fin? » Mais ils m’ont dit : « C’est bien! » Je leur ai répondu : « Hum… est-ce que vous l’avez vraiment regardé jusqu’au bout? »»
Un titre simple mais efficace
L’un des changements qui devaient être apportés au scénario du film, selon Ridley Scott, c’était… le titre. «Au départ, ça s’appelait Nottingham. Tout le monde était surpris et excité par cette idée, et les gens se disaient : « Wow, qu’est-ce que c’est cool! » Or, je déteste le mot « cool », raconte-t-il. Qu’est-ce qu’il veut dire, en réalité? Si j’avais appelé mon film Nottingham, j’aurais passé la moitié de la campagne de promotion à expliquer pourquoi j’avais choisi ce titre plutôt que Robin Hood. Alors, j’ai décidé qu’on appellerait le film Robin Hood, pour éviter tout ce bavardage inutile.»
Robin Hood
En salle dès vendredi