Un mardi pas comme les autres
Le FIJM rend hommage à La Nouvelle-Orléans, le berceau du jazz, au moyen d’une soirée spéciale évoquant le défilé du Mardi gras. Zachary Richard présidera l’événement, qui clôturera la 31e édition du festival.
Quand André Ménard a mis les pieds à La Nouvelle-Orléans l’hiver dernier pour assister aux célébrations du Mardi gras, il faisait un véritable froid de canard. Ironie du sort, les festivaliers qui, ce soir, participeront à l’adaptation montréalaise de la célèbre fête vivront l’aventure par un temps qui s’apparente beaucoup à celui de la Louisiane : chaud et humide.
«Ça va nous mettre dans l’ambiance», dit le directeur artistique et cofondateur du Festival de jazz, en entrevue avec Métro. Le programme double auquel les organisateurs convient le public débutera à 19 h à l’angle des rues du Fort et Sainte-Catherine par un défilé mettant en scène 600 artistes. Parmi ceux-ci, on comptera des chanteurs, des acrobates, des danseurs et des marionnettistes. Pour rivaliser d’audace avec les costumes flamboyants que portera tout ce beau monde, le Festival demande à la foule de s’habiller de façon colorée.
«Ce serait bien que les gens aient le sens de la fête des deux côtés de la rue», remarque M. Ménard. Qui dit défilé du Mardi gras dit chars allégoriques, et le happening de ce soir ne fera pas exception à la règle. Arrivés à Montréal en pièces détachées, ces chars créés par Blaine Kern, le maître en la matière, ont fait le trajet La Nouvelle-Orléans-Montréal à bord de 10 camions de 16 m chacun.
Depuis le 25 juin, on s’affaire à les assembler dans un entrepôt dans l’est de la ville. Sur l’un d’entre eux, on pourra observer les têtes géantes de musiciens originaires de la plus grande ville de la Louisiane, dont Louis Armstrong et Harry Connick Jr. Zachary Richard, pour sa part, jouera sur le premier char avec ses musiciens. Lorsque la parade arrivera à destination, au Quartier des spectacles, l’hôte de la soirée se produira au milieu de la foule, sur une petite scène aménagée au centre de la place des Festivals.
Pendant une trentaine de minutes, il proposera les airs cajuns qu’il affectionne tant. Oubliez La Ballade de Jean Batailleur, le musicien s’en tiendra au répertoire traditionnel louisianais. Le Soul Rebels Brass Band donnera le coup d’envoi à la deuxième partie de la soirée avec un concert sur la grande scène extérieure. La formation hip-hop soul sera suivie des légendaires Trombone Shorty et Allen Toussaint, qui se chargeront de clôturer le festival en beauté.
À l’instar du Grand Charivari du Festival Juste pour rire, doit-on s’attendre à ce que le FIJM répète l’expérience l’été prochain, histoire d’instaurer une nouvelle tradition? «Je ne pense pas qu’on refasse ça, indique André Ménard. On peut se payer un tel rendez-vous grâce à la subvention spéciale d’Industrie Canada qui avait été mise en place pour aider les festivals à
passer à travers la crise économique.»
Le Bonhomme Carnaval à Montréal
Le Bonhomme Carnaval prendra part aux festivités entourant la grande soirée de clôture du 31e Festival international de jazz de Montréal. La mascotte emblématique du Carnaval de Québec montera à bord d’un des chars allégoriques du défilé du Mardi gras. Qu’est-ce que l’ex-souffre-douleur des Bleu Poudre fait dans un tel événement, vous demandez-vous? Eh bien sachez que le Carnaval de Québec est considéré comme la plus importante célébration hivernale du Mardi gras en Amérique.
Et comme le défilé de la rue Sainte-Catherine a pour thème «les Mardis gras dans le monde», les organisateurs se sont fait un devoir de recourir aux services du souriant personnage. Espérons seulement qu’avec la canicule, il ne fonde pas comme neige au soleil…