Humour et effet de surprise
Imagine Dragons présente le vidéoclip de Radioactive.
Chaque semaine – et ce, depuis des temps immémoriaux –, l’équipe de programmation de MusiquePlus décerne la mention Buzzclip à une œuvre qui se distingue du reste par son audace, son avant-gardisme ou son humour.
Si vous cherchez des preuves de génie dans ce médium que d’aucuns considèrent comme un vulgaire outil de promotion, vous n’avez qu’à remonter la liste des centaines de Buzzclips pour les trouver. Et vous comprendrez aisément pourquoi Radioactive, le clip le plus récent de la formation américaine Imagine Dragons, vient de s’ajouter à la liste.
Je n’ai pas grand-chose à dire sur la musique d’Imagine Dragons, groupe de Las Vegas qui semble être le fruit d’une rencontre entre AWOL Nation et Coldplay; mais je peux saluer les indéniables qualités de son clip, qui allie humour et effet de surprise en s’appuyant sur des codes très cinématographiques.
L’action se déroule dans un lieu aussi indéfini que retiré, où ont lieu des combats clandestins. On ne comprend pas immédiatement s’il s’agit de combats de coqs ou d’humains, mais les membres du band, enfermés dans un donjon, pourraient devoir jouer leur vie dans l’arène. Pour un peu, on s’attendrait à voir Jean-Claude Van Damme ou Jet Li débarquer dans le ring pour donner une raclée au champion invaincu, qui s’avère être un méchant monstre en peluche (essayez d’imaginer une version encore plus agressive d’Animal, le batteur du Muppet Show). Plusieurs peluches (nounours, lapins et autres…) se feront arracher la tête avant qu’une jolie fille débarque avec un petit toutou rose beaucoup moins gentil qu’il en a l’air.
Sous les yeux horrifiés de l’acteur Lou Diamond Phillips, qui incarne le promoteur de cette boxe sauvage, la petite peluche va éventrer ses adversaires à l’aide de ses superpouvoirs et permettre l’évasion d’Imagine Dragons. En un peu plus de quatre minutes, on passe de l’étonnement au rire, puis à l’admiration. Tous les éléments d’un bon Buzzclip, quoi…
Ke$ha et ses mascottes dans C’mon
Décidément, les peluches ont la cote par les temps qui courent. En marge de l’excellent Radiocative d’Imagine Dragons arrive la nouveauté de Ke$ha, qui met en vedette quelques mascottes animales, appelées «plushies» ou «furries». Parenthèse : si vous tapez l’un ou l’autre de ces termes dans Google, vous pourriez être surpris, voire dégoûtés. C’mon, donc…
Après le malaise créé par Die Young, un clip mi-figue, mi-raisin, désavoué par Ke$ha elle-même (qui a déclaré qu’on l’avait «forcée» à chanter des paroles qu’elle n’approuvait pas et que le réalisateur avait truffé le clip de symboles Illuminati à son insu), il fait bon de renouer avec le côté fantaisiste de la chanteuse.
Après avoir quitté son emploi de serveuse dans un diner au cours de la petite saynète qui sert d’intro au clip, Ke$ha prend la poudre d’escampette à bord d’une camionnette conduite par un chat grandeur nature (une catmobile?). Après avoir embarqué quelques autres «humanimaux» peu recommandables (un hibou dealer et quelques lapins voyous) dans leur véhicule, Ke$ha et son chat entreprennent de semer le chaos sur leur passage, en dansant et en détruisant ce qui se trouve sur leur chemin.
Le thème central de l’œuvre de la chanteuse (quand tout va mal, faites le party) est exploité à fond, mais avec un trait d’humour étonnant.
Nicolas Tittley est collaborateur à StarMag
Du lundi au jeudi à 18 h et à 23 h, à MusiMax