Critiques CD de la semaine du 28 janvier au 1er février
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Classified, Cali, Bad Religion, Yo La Tengo, L’Ombre Blanche et Paul Kunigis.
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La classe Classified Classified (4/5) |
Pour son 15e album, premier sous étiquette Universal, le rappeur de la Nouvelle-Écosse Classified sort les gros canons. Les fidèles reconnaîtront son hip-hop mélodique, malgré des airs qui tendent vers le grand public, tel Inner Ninja, hymne rassembleur presque rigolo («My inner ninja! My inner ninja!»). Avec sa plume toujours aussi personnelle, Class nous parle de sa petite fille, de son amour du hockey et de sa blonde avec laquelle il fait bon traîner sur le sofa en mangeant des chips (Hi-Dea’s). Il se moque au passage des douchebags, signe une pièce avec l’aide de ses fans (Wicked) et rend plusieurs hommages au weed. Les instruments live sont très présents, les arrangements riches et la chanson 3 Foot Tall s’avère un classique instantané.
– Natalia Wysocka
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Éternel amoureux Cali Vernet-les-Bains (4/5) |
Après La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur, album rock à l’énergie débridée, on retrouve sur ce cinquième opus de Cali le chanteur de Perpignan tel qu’on l’a d’abord connu : chantant l’amour sous toutes ses formes et généralement pas les plus optimistes – Cali et des amis (Dominique A, Miossec) font d’ailleurs un charmant clin d’œil à cette tendance à la noirceur sur la dernière pièce de Vernet-les-Bains, Happy End. Cela dit, c’est un Cali dépouillé, touchant, qui se livre corps et âme et chante sur la rupture (Ce soir je te laisse partir), sur la perte des êtres chers (Une femme se repose), sur l’amitié (Mon ami)… Le Cali qu’on aime.
– Jessica Émond-Ferrat
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Pour les fans Bad Religion True North (4/5) |
Bad Religion occupe une place privilégiée dans le cœur de bien des trentenaires bedonnants – oups, un peu de projection ici? Les guitares agressives, mais mélodiques, et les textes engagés du groupe américain ont bercé notre adolescence dans les années 1990. Durant 35 minutes plutôt intenses, True North nous ramène dans cet âge d’or du punk rock californien. On aurait facilement pu entendre des pièces comme Robin Hood in Reverse et Fuck You sur Generator ou Recipe For Hate. Le seul faux pas de l’album est Hello Cruel World, une chanson qui traîne en longueur et dont le ton jure avecl’ensemble.
– Mathieu Horth-Gagné
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Les matadors Yo La Tengo Fade (3,5/5) |
Sur Ohm, contagieuse pièce d’ouverture de Fade, Ira Kaplan chante que «parfois, les méchants triomphent, parfois les gentils échouent». Mais les membres de Yo La Tengo, eux, gagnent pas mal tout le temps. Toujours percutants après deux décennies d’existence, les vétérans du New Jersey continuent d’offrir un bon son efficace. Finement réalisé par John McEntire (de The Sea and Cake), ce 13e album des indie rockeurs est baigné d’une douce atmosphère. Si l’entrée en matière est accrocheuse (la magique Is That Enough, la ryhmée Well You Better), la suite est plus subtile (la fragile I’ll Be Around, la un peu fade The Point of It). Eh oui, sans fracasser les records d’originalité, le groupe continue son odyssée, solide, immuable.
– Natalia Wysocka
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Revoir le dosage L’Ombre Blanche Nouveau remède (3/5) |
Nul ne peut remettre en doute le travail acharné de l’Ombre Blanche, lui qui s’est illustré au fil des ans à la fois comme rappeur et comme producteur auprès de plusieurs grands noms de la scène hip-hop locale. Hélas, sur Nouveau remède, son talent se dilue dans un océan de chansons un peu inégales. Près de 80 minutes de musique déclinées en 21 morceaux… Un album plus concentré aurait mieux servi l’originalité des beats et l’authenticité des textes, deux des plus grandes forces du MC. Malgré les longueurs, les pièces Nouveau remède, On évolue, Hip-hop de chez nous et Profitez d’la vie valent amplement le détour, tout comme les nombreuses collaborations de haut niveau.
– Maxime Huard
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En sourdine Paul Kunigis 1 moment! (2,5/5) |
Six ans après l’excellent Exodus, le chanteur d’origine polonaise lance son cinquième album – si on compte ceux avec son groupe Jeszcze Raz. Pas de surprise, Kunigis a choisi la continuité : il y chante dans plusieurs langues, la musique est un joli mélange d’Orient et d’Occident, et les instruments sont acoustiques. Tout ça est bien beau, mais ça pourrait être bien plus agréable. C’est que tout est joué en sourdine, comme pour ne pas déranger les voisins… Même le chanteur chuchote. Ça donne une réalisation qui manque d’énergie et d’éclat. Cela dit, il y a une exception : la chanson Miedzi nami a un son bien à elle et vaut le détour.
– Éric Aussant
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





