Métro au 7e ciel spécial Oscars
Aux Oscars, on craque pour… Exit Through the Gift Shop, Day & Night, L’Illusionniste, Amy Adams dans The Fighter, John Hawkes dans Winter’s Bone, Dogtooth et Gasland.
| 1. Exit Through the Gift Shop
Exit Through the Gift Shop est un excellent film dans un film qui offre une puissante réflexion sur l’art et son impact social. Banksy, superstar perpétuellement masquée du street art, connu pour avoir peint sur le «mur de la honte» une petite fille qui s’envole, un bouquet de ballons à la main, signe ce portrait d’un monde au caractère éphémère, interdit et influent. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux, on ne le sait jamais vraiment. Ce que l’on sait, par contre, c’est que ceux qui croient encore que «les graffitis, ça gâche le paysage» risquent fort de changer d’avis. Meilleur documentaire (Natalia Wysocka) |
| 2. Day & Night
On a tout bonnement craqué pour ce court métrage d’animation. La prémisse : le «jour» et la «nuit» découvrent par hasard l’existence l’un de l’autre. Si, au départ, ils se méfient l’un de l’autre, ils finissent par découvrir que chacun d’eux offre une perspective différente sur le même monde et possède des qualités uniques – les clubs de nuit, les feux d’artifice ou encore la plage, les promenades en forêt… Teddy Newton et les studios Pixar offrent une Å“uvre poétique, très jolie et désarmante de simplicité. Meilleur court métrage d’animation (Jessica Émond-Ferrat) |
| 3. L’Illusionniste
Évidemment, comme Toy Story 3 est l’une des 10 Å“uvres qui se disputeront l’Oscar du Meilleur film, il y a fort à parier que le long métrage de Pixar remportera les honneurs du côté des longs métrages d’animation. Mais pour notre part, on a un faible pour L’illusionniste, ne serait-ce que pour le charme fou du style de dessin «à la main» du Français Sylvain Chomet. On se laisse aussi envoûter par le cachet de l’univers vieillot, un peu mélancolique, du magicien sur le déclin, et par la galerie de personnages plus grands que nature qui gravitent autour de lui. Meilleur film d’animation ((Jessica Émond-Ferrat) |
| 4. Amy Adams dans The Fighter Après avoir porté la robe d’une princesse dans Enchanted, l’habit d’une jeune nonne dans Doubt et le tablier d’une cuisinière dans Julie & Julia, Amy Adams confirme son statut de caméléon en se glissant dans l’uniforme d’une barmaid dégourdie dans The Fighter. Irréprochable, la comédienne de 36 ans parvient à montrer la vulnérabilité et le manque de raffinement de son personnage. Le couple qu’elle forme avec Mark Wahlberg constitue le point d’ancrage émotif du film. Meilleure actrice de soutien (Marc-André Lemieux) |
| 5. John Hawkes dans Winter’s Bone On a beaucoup parlé de l’excellente performance de Jennifer Lawrence dans Winter’s Bone, mais il ne faut pas oublier celle, tout aussi juste et sentie, du comédien John Hawkes. Celui-ci compose un personnage nuancé, difficile à cerner, qu’il joue avec beaucoup de retenue et de conviction. C’est bien simple, on oublie l’acteur et on ne voit plus que le personnage. Meilleur acteur de soutien (Jessica Émond-Ferrat) |
| 6. Dogtooth Ceux qui trouvent, et pas forcément à tort, que les Oscars font preuve d’un excès de traditionalisme dans leur choix seront comblés avec Dogtooth (Canine). Ce film superbement décalé du cinéaste grec Yorgos Lanthimos enchaîne les éléments absurdes pour offrir, dans un bain de lumière pure, un portrait de famille dérangeant, malaisant et violent qui rappelle par moments la signature de Haneke. Pas forcément du «Oscar material», comme on dit.! Meilleur film en langue étrangère(Natalia Wysocka) |
| 7. Gasland Portrait pour le moins troublant d’une «industrie organisée comme une chambre d’ado», à savoir n’importe comment, Gasland a déplu à de nombreux partisans des gaz de schiste qui, depuis sa sortie, tentent d’en freiner la diffusion. Pas étonnant : le réalisateur Josh Fox, qui s’est vu offrir 100 000 $ pour laisser une compagnie gazière exploiter son terrain – et qui ne l’a pas fait -, y part à la rencontre de gens qui, depuis l’installation de puits de forage sur leur terrain, voient couler une eau qui s’embrase (sérieux) de leurs robinets. Leur état de santé se détériore radicalement, leurs animaux se meurent, et pendant ce temps, les hautes instances leur répètent que, pas de problème, tout va bien. «Wo», comme dirait l’autre. Meilleur documentaire (Natalia Wysocka) |