Culture
09:20 24 avril 2020 | mise à jour le: 24 avril 2020 à 09:20 temps de lecture: 5 minutes

SOMMM: l’union fait la force

SOMMM: l’union fait la force
Photo: Collaboration spécialeSOMMM

À un moment où le désir de rapprocher les individus et les générations se fait pressant, SOMMM, duo formé d’Ariane Moffatt et du réalisateur Étienne Dupuis-Cloutier, présente un album qui mise sur la collaboration et le partage.

Bien sûr, le premier disque du duo était planifié depuis longtemps. Mais force est d’admettre que cet album éponyme arrive à un bien bon moment.

D’abord par le son du duo qui, avec sa chaleur et son côté dansant, fait obstacle à la morosité ambiante et invoque ce printemps qui ne semble pas être en mesure de s’installer. «Un jus d’orange frais, qui donne de la vitamine et du pep!» selon les mots d’Ariane Moffatt.

Mais aussi par sa volonté de créer des liens entre des artistes d’horizons différents à une époque où les frontières physiques et mentales sont nombreuses.

SOMMM est né d’une séance de composition commune entre les deux artistes, qui avaient déjà collaboré par le passé, Étienne faisant notamment partie des musiciens qui ont accompagné Ariane dans la tournée 22h22.

Souvent, ce genre d’exercice ne mène pas à grand-chose de concret. Mais cette fois-là, la magie a opéré, la pâte a levé et SOMMM est né.

«Ç’a cliqué et une vision artistique est ressortie assez rapidement de tout ça. Il y avait quelque chose de naturel entre nous deux qui nous a dit que ce serait cohérent de faire de la musique ensemble», dit Étienne Dupuis-Cloutier, aussi connu sous le nom de DRMS dans le monde de la musique.

«On est deux amoureux de la pop assumée, ajoute Ariane Moffatt lorsqu’on lui demande de définir les atomes crochus qui unissent les deux artistes.

«On aime les mélodies et les productions de qualité. On aime les choses léchées. C’est un facteur esthétique qui nous relie. Et au niveau des textes, Étienne saisissait ce que j’avais envie d’écrire et comprenait ce que j’avais envie de dire.»

«On constate que notre musique fait du bien aux gens. c’est bien humblement qu’on essaie de partager ce qui nous anime pour que les autres puissent en profiter.» – Ariane Moffatt

Plus on est de fous, plus on rit

Ce coup de foudre artistique s’est transformé en relation polyamoureuse lorsque les membres du duo ont décidé de partager leur passion musicale avec d’autres.

Ce qui ne devait être qu’un atelier pour créer quelques chansons s’est finalement transformé en un projet de EP, puis en un album complet avec une dizaine de collaborateurs.

«On était arrivé à un moment dans nos carrières où on avait envie de collaborer avec d’autres artistes, de provoquer la rencontre de différents univers», dit Étienne Dupuis-Cloutier, qui est aussi batteur et pianiste.

Se sont donc joints à eux pour le temps d’une chanson Rosie Valland, Clay and Friends, Fouki, LaF, Marie-Pierre Arthur, Maky Lavender et le renommé producteur Ruffsound, qui s’est fait un nom au côté de Loud et de Koriass, notamment.

«Pour quelqu’un comme moi qui est vraiment habituée de composer seule, d’écrire seule, d’arranger seule, avoir un buddy de l’autre bord qui t’aide, ça accélère la volonté d’aller au bout d’une chanson», illustre Ariane Moffatt.

Outre Rosie Valland et Marie-Pierre Arthur, la liste des invités rassemble la crème de la scène hip hop québécoise actuelle. Une tentative de capitaliser sur la popularité croissante du rap keb? Loin de là.

«Si tu travailles sur un album pop en ce moment, il y a une partie de rap là-dedans, c’est certain. Ça va de soi, c’est naturel, insiste Étienne Dupuis-Cloutier. On n’a pas choisi nos collaborateurs en fonction de leur style de musique, mais selon leur énergie et ce qu’ils avaient à dire.»

«Ce projet pour moi, c’est l’occasion d’actualiser quelque chose, précise Ariane Moffatt. C’est une façon d’aller à la rencontre de cette fraicheur, de cette inspiration qu’on entend dans cette nouvelle génération d’artistes.»

Pour l’auteure-compositrice-interprète, c’est aussi un moyen de se remettre dans le bain de la musique dansante après un dernier opus solo plus intime.

«Ça fait du bien de revenir à quelque chose de plus actuel. C’est un défi que je m’étais lancé à moi-même après Petites mains précieuses, où j’étais très attachée à l’esthétique néo seventies. J’avais hâte de voir comment j’ai évolué avec l’envie de créer quelque chose qui soit plus d’aujourd’hui.»

SOMMM: un lien entre les générations

En plus de mélanger les styles musicaux, SOMMM est aussi devenu par la force des choses un pont entre deux générations d’artistes séparés par une quinzaine d’années.

«On ne s’est pas senti sur deux planètes différentes pour autant, insiste Ariane Moffat, qui fêtera dimanche son 41e anniversaire.

«Ce qui a fait beaucoup de bien, c’est surtout l’humanité dans ce projet, les rencontres, les échanges. Peu importe la génération, quand on est allumés pour écrire, composer, enregistrer, on est tous pareils. C’est ce qu’il y a de plus riche dans la collaboration.»

«La jeune génération, je l’ai trouvée hyper ouverte et critique, loin des clichés, poursuit Étienne Dupuis-Cloutier. C’est pour ça qu’il faut que des projets comme celui-là existent.

«Les gens sont moins dans des univers différents qu’on pourrait le penser. On classe les gens par style, par génération, mais au final on écoute la même musique et partage beaucoup de références communes.»

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