Culture
09:18 3 juin 2020 | mise à jour le: 3 juin 2020 à 16:04 temps de lecture: 2 minutes

Eric Demers: photographier des théâtres à l’abandon

Eric Demers: photographier des théâtres à l’abandon
Photo: Collaboration spéciale Eric DemersLe décor de L'Inframonde à la Petite Licorne.

Le déconfinement des arts de la scène fait couler beaucoup d’encre depuis quelques jours. Afin d’illustrer l’ampleur de la crise de la COVID-19 dans le milieu du théâtre, le photographe Eric Demers a immortalisé quelques lieux de diffusion montréalais vides, laissés à l’abandon depuis l’annonce précipitée de leur fermeture le 12 mars dernier. Incursion dans leurs coulisses en cinq images.

 

Quelle est la démarcheà l’origine de votre projet?

Quelque chose me travaille beaucoup en ce moment: on sait qu’on est en crise, mais cette crise a un côté invisible. J’ai voulu entrer dans les théâtres pour témoigner de l’absence qui y règne. Le théâtre, en principe, est un lieu ouvert. Aussi, ça me fascinait de faire parler ces lieux par les petites choses qui y ont été abandonnées. Le confinement a été très rapide pour le milieu théâtral. Plusieurs artistes n’ont même pas eu le temps de ramasser leurs choses, ce dont les photos témoignent. Par ailleurs, ce sont des lieux magnifiques, même lorsqu’ils sont vides. Il y a une richesse dans les textures, les lumières…

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en entrant dans ces salles désertées?

Le silence. Les théâtres sont de grands lieux, avec souvent des centaines de places. Tout d’un coup, ils sont complètement coupés de l’extérieur. Ils vivent eux aussi un confinement. D’un point de vue personnel, c’était très intéressant de pouvoir me promener librement et de découvrir ces lieux sans aucune entrave. Les responsables des salles ont été d’une grande générosité à cet égard, ils m’ont laissé le champ libre.

Pourquoi était-ce important pour vous de mettre en lumière les conséquences de la pandémie sur le milieu culturel?

Il y a un paradoxe: les arts sont éminemment publics, mais ils sont souvent le parent pauvre en temps de crise. Sans parler pour eux, je voulais les rendre visibles grâce à la photo, donner l’occasion aux lieux de parler.

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