Culture
14:58 24 juillet 2020 | mise à jour le: 24 juillet 2020 à 15:52 temps de lecture: 3 minutes

Rassemblements à 250 personnes: l’industrie musicale émet des bémols

Rassemblements à 250 personnes: l’industrie musicale émet des bémols
Photo: 123RFMalgré l'augmentation de la limite des rassemblements, la distanciation sociale devra toujours s'appliquer dans les salles de spectacles

L’augmentation de la limite des rassemblements à 250 personnes dès le 3 août est généralement bien accueillie par le milieu de la musique, qui apporte cependant certains bémols sur l’impact réel de cette mesure.

Par la voix de sa directrice générale Solange Drouin, l’ADISQ, qui représente l’industrie de la musique et de l’humour, a salué cette «nouvelle étape encourageante», tout en précisant qu’elle «ne résoudra pas toutes les inquiétudes et contraintes liées à la représentation de spectacles dans des conditions aussi restreintes».

La Guilde des musiciens a quant à elle célébré  «un grand pas en avant pour la musique vivante et les arts de la scène, la première étape tant attendue d’une reprise graduelle des activités dans le monde du spectacle. »

Chez les exploitants de salles, la nouvelle est également reçue avec optimiste, même si elle ne signifie par un retour à la normale du jour au lendemain.

«C’est une super bonne nouvelle pour l’industrie culturelle en général, mais pour nos salles, je pense que ça ne change pas grand-chose», a mentionné vendredi Jon Weisz, directeur des Scènes de musique alternatives du Québec (SMAQ) qui regroupe les propriétaires de petites salles indépendantes.

«L’enjeu le plus important, ce n’est pas forcément la taille des rassemblements, mais la distanciation physique. La plupart des salles pourront fonctionner à 25-35% de leur capacité, alors qu’une salle doit être remplie à 60 ou 70% pour qu’un show soit rentable. Certaines salles pourront accueillir 250 personnes, mais est-ce que ça aurait du sens économiquement parlant? Ce sera à chaque salle de décider.»

À son avis, plusieurs salles pourraient décider de demeurer fermer, «la distanciation sociale empêchant de rentabiliser leurs activités».

Programmation et sécurité

Selon Olivier Corbeil, copropriétaire du théâtre Fairmount, du Bar Ritz PDB et du Newspeak, cette annonce ne règle pas non plus l’épineuse question de la programmation.

Pour l’instant, les calendriers des trois salles de spectacles, qui accueillent beaucoup d’artistes américains et européens, sont vides étant donné la fermeture des frontières.

«Les promoteurs ont reporté leur événement en mars, avril, mai 2021, voire à l’automne 2021.  La programmation, c’est primordial. Nous ne sommes pas que des bars qui n’ont qu’à rouvrir pour que les gens reviennent.»

L’ancien musicien se questionne également sur l’aspect sécuritaire de la réouverture, qui repose sur les épaules des propriétaires de salles.

«Combien d’agents de sécurité ça va prendre pour que tout le monde garde leur masque? Les amendes sont décernées aux propriétaires d’établissements pas aux clients. Qui va vouloir organiser un événement qui demande trois fois plus de staff pour six mois fois de spectateurs, tout en risquant de se faire coller une amende salée?»

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