Les Kennedy: mais quel scandale?
Après avoir vu les premières 90 minutes des Kennedy, on n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi la série suscite une vive controverse aux États-Unis… alors qu’elle n’y a pas encore pris l’antenne. Comme plusieurs autres livres, films et téléséries sur cette fascinante famille américaine, Les Kennedy rapporte les batifolages de John et les magouilles de Joe. Et alors? Rares sont ceux qui, en 2011, tomberont en bas de leur chaise en voyant l’ancien président sauter la clôture. Et personne ne s’étonnera de voir le patriarche du clan tremper dans la fraude pour assurer l’élection de son fils.
Ce sont pourtant les raisons qui expliquent le parfum de scandale qui flotte autour du projet depuis sa naissance, croit un de ses producteurs exécutifs, Michael Prupas. «On a l’impression que ça vient du fait qu’on montre publiquement les faiblesses de la famille», indique le président des Entreprises de divertissement Muse, la compagnie montréalaise qui s’est chargée de la postproduction de la série.
La polémique entourant Les Kennedy ne date pas d’hier. Avant même le début du tournage, le scénario alimentait les discussions chez nos voisins du sud. Le 7 janvier dernier, la chaîne History jetait de l’huile sur le feu en révélant qu’elle ne comptait plus présenter la série. «Son interprétation dramatique ne correspond pas à l’esprit de History», avait-t-on alors déclaré. Quelques jours plus tard, Showtime, HBO, Starz et FX passaient leur tour.
En février, on confirmait que la production de 30 M$ avait finalement trouvé refuge chez ReelzChannel, une petite station indépendante basée au Minnesota. D’après Michael Prupas, le diffuseur a vu son auditoire hebdomadaire grimper de 3 millions à 5,5 millions de téléspectateurs depuis l’annonce de sa dernière acquisition.
Exceptionnellement, les Québécois n’auront pas à attendre des mois avant de pouvoir regarder la version française des Kennedy. Super Écran diffusera le premier épisode de la série dimanche, en simultanée avec les États-Unis. On y montre – au moyen de plusieurs retours en arrière – l’ascension de JFK (talentueux Greg Kinnear), de son enrôlement comme commandant à son élection à la Maison-Blanche, en passant par sa dépendance aux cachets antidouleur et sa rencontre avec Jackie (une Katie Holmes un peu effacée).
Le point de mire de ce premier épisode demeure toutefois le charismatique Joe Senior, interprété avec panache par Tom Wilkinson. Obsédé par le pouvoir, papa Kennedy ne recule devant rien pour assouvir ses désirs.
Les trois autres épisodes de la série traiteront des moments marquants de l’administration Kennedy (la baie des Cochons, la crise des missiles de Cuba), des problèmes conjugaux du couple présidentiel et des assassinats successifs de John et de Bobby.
Les amateurs de soaps prendront leur pied avec Les Kennedy, qui raconte la vie de gens riches, célèbres et ô combien torturés. À la réalisation, Jon Cassar (24, Fringe) respecte tous les codes propres aux Melrose Place et aux Dallas de ce monde : les regards en coin qui en disent long, les fondus au noir à la fin de chaque scène clé, les violons pour appuyer le moindre moment de tension. Les Kennedy manque peut-être de subtilité, mais c’est le prix à payer pour résumer 40 ans d’histoire en 8 heures. «On a dû prendre des raccourcis», admet Michael Prupas.
La minisérie Les Kennedy ne nous apprend peut-être rien de nouveau, mais elle divertit en diable. Avec un matériel aussi riche en rebondissements, on aurait crié au scandale si ça n’avait pas été le cas.
Les Kennedy
À Super Écran
Dimanche à 21 h