Culture
06:35 21 octobre 2020 | mise à jour le: 21 octobre 2020 à 08:08 Temps de lecture: 5 minutes

Dans la jungle contemporaine avec Plants and Animals

Dans la jungle contemporaine avec Plants and Animals
Photo: Dominic Berthiaume«The Jungle» est le cinquième album de Plants and Animals

Plants and Animals sort son cinquième disque, The Jungle, ce vendredi. Métro a pu l’écouter en avant-première et discuter avec Nicolas Basque, membre du trio montréalais.

Nicolas Basque, Matthew Woodley et Warren Spicer se connaissent et jouent de la musique depuis leur enfance. Ensemble, ils forment Plants and Animals et présentent cette semaine leur nouvel album The Jungle, sur lequel les synthés dépouillés brillent et la subtilité des chants nous transporte.

Quelle est l’histoire de The Jungle?

On a commencé à travailler sur l’album il y a deux ou trois ans. Avec The Jungle, on voulait faire quelque chose de simple, d’instinctif et qui mettrait de l’avant le langage musical propre à Plants and Animals. Notre disque précédent, Waltzed in from the Rumbling, était un retour aux sources assez complexe avec des arrangements touffus. On dirait qu’il nous a permis de compléter un cycle et qu’on voulait se diriger ailleurs avec le nouveau disque. Notre souhait était d’aller directement au but dans la structure des chansons. Il était aussi important pour nous d’être le plus franc possible dans la musique et les paroles. On voulait tout simplement garder les éléments essentiels, sans pour autant tomber dans le purisme. On avait aussi en tête un résultat contemporain et qui reflète notre époque.

Avez-vous essayé de faire passer un message précis avec votre album?

C’est vraiment une collection de chansons. Il n’y a pas un thème sous-jacent, mais nos préoccupations du moment ont vraiment influencé nos paroles. Bien avant la pandémie, les changements climatiques et les manifestations étaient déjà présents dans nos esprits. On a aussi été marqués par les inquiétudes de nos enfants. C’est vrai qu’ils ont l’impression qu’il est presque trop tard, mais que nos habitudes de vie doivent changer au plus vite quand même. Le côté de l’amour, de la famille, peut nous permettre de faire ces changements-là ensemble. C’est ce qui informait le sous-texte de nos chansons, mais ce n’est jamais mis de l’avant. Autre exemple, la pièce The Jungle est inspirée de la rencontre entre le juge Kavanaugh et sa victime devant le Sénat américain. Le thème d’actualité se transforme ensuite avec la musique.

Pourquoi avoir choisi cette chanson-là pour nommer votre disque?

On traîne cette chanson un peu grunge depuis un moment. On l’avait mise de côté pendant Waltzed in from the Rumbling. Mais à un moment donné en studio, j’ai proposé qu’on la ramène avec de nouveaux arrangements. Lors de l’enregistrement, quelque chose de très jammé en ressortait. Matthew imaginait toutes sortes de drums, Warren jouait la basse et moi les synthés avec mon bébé dans les bras. Le résultat est simple, casual. En fait, on joue de la musique ensemble parce qu’on aime ça. On ne se casse pas la tête et on a toujours du plaisir à le faire. On est très content de la chanson, qu’on a construite très rapidement finalement. Et parce qu’on essaie de ne pas tout donner en restant sobre, ça donne une belle intention. Le titre nous ressemble beaucoup, mais en même temps dans la facture et la sonorité, c’est du jamais vu pour nous. On trouvait drôle aussi d’appeler un disque de Plants and Animals The Jungle. Le symbolisme qu’il y a derrière la jungle est très opaque, difficile à cerner, mystérieux. On a envie de s’y aventurer malgré tout.

«La situation liée à la COVID est terrible, et on se sentirait un peu égoïste de penser à nos concerts d’abord. On est chanceux et privilégiés de sortir The Jungle, alors on apprécie le moment.» Nicolas Basque de Plants and Animals

Comment s’est passé l’enregistrement?

On reste assez insulaire, on parle peu et on n’écoute pas d’autres musiques en studio. Les gens viennent collaborer avec nous et on réagit à tout ça ensuite, tous ensemble. On a essayé de s’amuser avec nos «jouets» comme on pouvait. On se challengeait en se prêtant nos instruments aussi. Quand on faisait House on Fire, il y avait bien sûr les références de Giorgio Moroder et Donna Summer mais le résultat est tellement différent! (Rires) On a chacun nos inspirations musicales mais ce n’est pas un sujet de conversation entre nous. Le fait qu’on ait également travaillé avec Emilie Kahn et La Force récemment a certainement enrichi notre musique.

The Jungle sort dans un contexte de pandémie et d’isolement. Qu’est-ce que ça signifie pour vous?

On se disait que ça ne faisait pas de sens d’attendre pour sortir l’album. Ce qui comptait, c’était de le sortir malgré tout. Évidemment, la couture habituelle des tournées est décalée, mais on dirait que ce n’est pas si important en ce moment. La culture est tellement reléguée au dernier plan au Québec depuis la pandémie qu’on se réjouit que le public puisse au moins entendre notre musique. Il y a un laisser-aller qui est sain selon moi. C’était très cool jouer devant des gens à POP Montréal, même si les premières minutes étaient un peu bizarres. On s’est vite rendu compte que les spectateurs étaient vraiment à l’écoute. Être avec eux a pris tout son sens à ce moment-là. L’expérience, même éphémère, a été très enrichissante et on a eu beaucoup de plaisir à jouer notre album live.

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