Élise Guilbault: retour aux sources
Même si on l’a vue dernièrement plus souvent au petit écran que sur les planches, Élise Guilbault entretient un amour sans borne pour le théâtre. «Il y a un côté sportif au théâtre, à des êtres humains qui se prêtent à un jeu, dit-elle. Voir un acteur jouer, suer, pleurer live, c’est incomparable à tout. C’est une vraie participation à une expression de notre culture.» Métro s’est entretenu avec elle de son expérience dans la pièce Toxique, présentée au Théâtre d’Aujourd’hui.
Ça faisait un bon moment qu’on ne vous avait pas vue au théâtre…
Oui, ça faisait presque cinq ans. J’avais beaucoup de tournages et je ne me sentais plus capable de faire les deux en même temps – partir tourner à 4 h du matin et puis jouer au théâtre jusqu’à 23 h… Comme j’étais attachée à certaines séries, j’ai abandonné l’idée de retourner au théâtre, malgré des offres assez alléchantes parfois. Il a fallu que je trouve LA pièce qui me donnerait le coup de foudre.
On vous voit en effet dans plusieurs séries télévisées – Penthouse 5-0, Yamaska… Qu’est-ce que ça nourrit, par rapport au théâtre?
Quand on fait partie d’une série, les gens s’attachent, ils sont contents de voir ce qui arrive au personnage. C’est très gratifiant de penser qu’on fait partie d’une histoire, et aussi d’un moment de répit dans la vie des gens, qui rêvent avec nous dans une histoire inventée.
Voilà deux semaines que Toxique est à l’affiche. Avez-vous pu voir ce que la pièce suscite comme réaction auprès du public?
Les gens sont extrêmement troublés et touchés par le point de vue sur la famille, sur la paranoïa. On y voit qu’un rien peut nous fait perdre pied, qu’on n’arrive alors plus à trouver de points de repère, et que même nos plus proches ne peuvent pas comprendre la profondeur de la souffrance. Le public rentre chez lui avec une somme de réflexions assez importante.
Est-ce cet aspect qui vous a intéressée dans ce rôle?
Entre autres! J’aime aussi la façon dont c’est écrit, le côté «pensée interrompue». C’est très difficile à apprendre et à livrer, parce qu’il faut que ça soit naturel, avec tout de même une ampleur théâtrale. L’auteur, Greg McArthur, a bien su cerner cette pensée qui ne s’achève jamais, par peur de se tromper, d’être jugée.
Toxique
Au Théâtre d’Aujourd’hui
Jusqu’au 26 mars