Culture
05:00 16 novembre 2020 | mise à jour le: 16 novembre 2020 à 07:06 temps de lecture: 3 minutes

Adib Alkhalidey s’enflamme sur La Petite Vie et le racisme systémique

Adib Alkhalidey s’enflamme sur La Petite Vie et le racisme systémique
Photo: Capture d'écranAdib Alkhalidey a déploré que le Québec ne reconnaissait pas le racisme systémique.

Sur le plateau de TLMEP, l’humoriste et maintenant chanteur Adib Alkhalidey a déploré le racisme au Québec et affirmé ne s’être jamais reconnu dans le paysage télévisuel québécois. «C’est ça le racisme systémique», a commenté le ministre Steven Guilbeault. 

Au cœur du débat, un épisode tout récemment censuré de la série québécoise La Petite Vie dans lequel on se moque d’un Ougandais venu au Québec.

D’abord retiré, l’épisode a ensuite été remis sur sa plateforme de vidéo accompagné d’un avertissement: « Ce programme est proposé tel qu’il a été originellement créé et peut contenir des représentations sociales et culturelles différentes d’aujourd’hui.» Une décision de Radio-Canada qui a suscité des réactions de part et d’autre. 

«Si l’on perd notre temps avec des discussions comme ça, c’est qu’il y a des débats qu’on a skippés», a rétorqué Adib Alkhalidey venu présenter son album Les cœurs du mal. 

L’artiste d’origine arabe affirme ne s’être jamais reconnu dans le paysage télévisuel québécois depuis qu’il est enfant. 

«Rien n’a été fait. En ce moment dans Saint-Laurent, il y a des enfants de 10 ans qui vivent les mêmes choses que je vivais à leur âge (…) Ils arrêtent de regarder la télé parce qu’ils ne s’y voient pas. Et quand ils se voient, c’est pour se moquer d’eux.» -Adib Alkhalidey

«C’est ça le racisme systémique»

Sur cette question, et plus largement sur la polémique entourant l’utilisation du mot en N, Steven Guilbeault, ministre canadien du Patrimoine, a indiqué qu’il fallait écouter ce que les gens disent. 

«Un mot peut blesser quelqu’un. Si l’autre répond “Oui mais j’ai le droit de l’utiliser”, peut-être que son droit s’arrête là où la blessure de quelqu’un d’autre commence», a-t-il indiqué. 

Tout le monde ne se reconnaît pas à la télévision, a également reconnu le ministre. 

«C’est ça le racisme systémique», a-t-il affirmé. 

Pour Adib Alkhalidey, il est problématique que Québec refuse de reconnaître l’existence du racisme systémique. 

«On dit “il n’y a pas de racisme systémique, il y a des gens racistes”. C’est l’équivalent d’aller voir ton père ou ton oncle, et dire “t’es alcoolique”, “mais non je bois juste 12 bières par jour”. Non! Il y a un vrai problème.»

-Adib Alkhalidey

L’artiste a également déploré qu’on instaure désormais des quotas à la télé pour afficher plus de diversité. Selon lui, cela ne règlera pas la question de l’égalité. Au contraire. 

«On m’appelle pour jouer un rôle parce qu’ils ont besoin de cocher une case. Les gens n’ont pas le courage d’appeler quelqu’un issu des communautés de l’autre Montréal, celui qu’on ne voit jamais, pour dire: “raconte-nous une histoire qui représente ta communauté”».

Selon Adib Alkhalidey, les quotas créent même «l’effet inverse». 

«Je connais des Blancs maintenant qui disent vivre du racisme anti-Blancs car on leur enlève des rôles pour le donner à quelqu’un pour cocher une case», a-t-il ainsi indiqué.

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