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Jean-François Mercier: un beau gros party!

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Jean-François Mercier s’est payé un bien beau party de fête cette année. Sans tomber dans les mêmes extrêmes que l’an dernier, l’humoriste et ses invités ont poussé plusieurs gags bien salés et n’ont pas hésité à franchir les limites de la rectitude politique.

C’est du beau milieu des «flammes de l’enfer», entouré d’une armée de danseuses en costumes de cuir, que Jean-François Mercier est apparu sur scène; ce qui n’a pas em­pêché le public de lui manifester immédiatement son amour en lui chantant «Bonne fête» et en lui offrant d’entrée de jeu une ovation debout. «Ça va être dur d’enchaîner avec mes jokes de graine après ça!» a lancé l’animateur.

Ça ne l’a pourtant pas du tout empêché d’enchaîner avec son personnage du «gros cave», qui a entamé le gala en expliquant que cette soirée était «son» party… et que, pour une fois, Louis Morissette – dont l’anniversaire est le même jour – n’était pas là pour lui voler la vedette. S’en est suivi un monologue (qui a fait rire la salle à gorge déployée) sur les cadeaux à ne pas faire : les présents fabriqués à la main («Ça t’a pris 12 heures à le faire? Ça te tentait pas de faire 12 heures d’overtime à ta job pour m’acheter un cadeau qui a de l’allure?») ou ceux emballés dans une boîte trompeuse («Règle numéro 1 : le cadeau ne peut pas valoir moins cher que l’image sur la boîte»).

Fête oblige, Mercier était en grande forme, et il s’était entouré d’invités à la hauteur. Pierre Hébert, son collègue d’Un gars le soir, a ouvert le bal avec un numéro dans lequel il racontait sa circoncision… causée par une fille portant des broches. Ajoutons à cela une serviette sanitaire et une visite à l’urgence; on vous laisse faire le lien.

Un sujet classique, mais toujours efficace. Patrick Groulx a offert un excellent extrait de son dernier one man show («Le meilleur show que j’ai vu cette année qui n’était pas dans un bar de danseuses!» a assuré Mercier), où il débattait de la propreté douteuse des chambres d’hôtel, qu’il a eu l’occasion de visiter souvent au cours de ses tournées. Tout y passe; les savons réutilisés («C’est un savon, donc c’est pas sale, apparemment!»), les rideaux de douche, les oreillers baveux…

Des humoristes absents du gala (Jean-Michel Anctil, Marcel Lebœuf) ont tenu à envoyer des vœux au jubilaire au moyen de Skype. Un bon flash, qui a donné lieu à des moments inégalement comiques (on a particulièrement aimé l’apparition d’André Sauvé, dans un monologue alam­biqué sur le principe d’anniversaire).

Martin, du duo Dominic et Martin, a ensuite apporté un cadeau à Jean-François Mercier – une moto avec une jolie fille dessus – dans l’espoir que celui-ci accepte de remplacer Dominic dans le duo. Les Denis Drolet se sont joints au numéro, «déguisés» en Marcel Bé­liveau et en Claire La­mar­che, pour le convaincre de remplacer leur danseur Just-to-buy-my-love.

Guy Nantel a abordé le sujet tabou des obèses, dans un sketch plutôt mordant – «Hey, change d’air, si c’était Mercier qui l’avait sortie, celle-là, tu l’aurais trouvée drôle!» a-t-il lancé à un spectateur après avoir insinué que Muguette Paillé pourrait se trouver un emploi si elle perdait 20 livres.

Fidèle à son habitude, Jean-François Mercier avait réservé plusieurs surprises à saveur sexuelle, dont la venue des danseurs du 281, déguisés en pompiers, qui ont fait hurler l’assistance féminine, et le retour de «l’exhibitionniste» du gala de l’an dernier.

Parmi les nombreux invités de qualité, c’est Guillaume Wagner, la nouvelle sensation humoristique, arrivé peu après l’entracte, qui remporte la palme. Son numéro sur les conventions imposées par la société était particulièrement drôle, vif et incisif : on en aurait pris encore!

Heure de tombée oblige, on a dû manquer Messmer, Dominic Paquet et même Louis Morissette, mais on a tout de même trouvé dans ce gala irrévérencieux et absolument hilarant de quoi être très satisfait.

Ce qu’ils ont dit

Le niveau des blagues a varié entre le gentiment cinglant… et les limites du bon goût.

  • Jean-François Mercier: «Y a 44 ans, c’est la dernière fois que mon corps est passé en entier à travers un vagin…»

  • Guillaume Wagner: «Blaster Twilight, c’est comme kicker un homme-tronc dans la face : y a pas vraiment de challenge.»

  • Jean-François Mercier: «Quand j’étais jeune, ils disaient qu’en l’an 2000, il y aurait des chars qui volent… Hey, des chars qui volent! Ils sont même pas capables de faire des ponts qui tiennent debout!»

   

  • Guy Nantel: «Pour le CHUM, ça prend un gros terrain, avec une grosse salle d’attente… Le Stade olympique, ça leur tentait pas?»

  • Pierre Hébert: «Une maman, ça sert à trois choses : te donner de l’amour, s’imaginer le pire, et te faire honte continuellement.»

  

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