Soutenez

Arthur: la face cachée d'un scandale

Marc-André Lemieux - Métro

Cette histoire a fait le tour du monde et la une de tous les journaux de l’Hexagone pendant des jours. 22 novembre 2010 : Craig Ferguson accuse en pleine télé l’humoriste et animateur français Arthur de plagiat. La preuve est accablante : le décor et le générique d’ouverture de sa nouvelle émission, Ce soir avec Arthur, ressemblent étrangement à ceux du Late Late Show de l’Américain. «Those french bastards!» lance l’étoile de CBS avant de menacer Arthur de poursuites.

La presse n’en demandait pas tant. Attirée par l’odeur de scandale, elle s’empare du dossier en salivant. «Dans les bulletins de nouvelles, on invitait des avocats pour qu’ils expliquent les règles du plagiat, raconte Arthur. C’était du délire! Partout, on me traitait de voleur. Après 30 ans, on avait finalement trouvé quelque chose pour me tuer…»

Une semaine plus tard, coup de théâtre : Arthur ap­paraît sur le plateau de Ferguson, tout sourire. Les deux hommes échangent des blagues et soudainement, l’affaire s’éclaircit : il s’agit d’une polémique artificielle, un coup de pub parfaitement orchestré afin de mousser l’intérêt pour la dernière aventure télévisuelle de la coqueluche française. «Le plus dur, c’était de garder le secret pendant tout ce temps. Personne ne savait la vérité, pas même ma femme!» lance Arthur.

Le comique n’avait mis qu’un seul membre de son entourage au parfum : son gérant, Gilbert Rozon.

«C’était du lourd. Dans le métier, plusieurs gens se sont retournés contre moi. Ça m’a fait réaliser que
c’est dans l’adversité que se révèlent tes vrais amis, dit-il. Tout le monde dans mon entourage a eu peur parce que, si les accu­sations s’étaient avérées fondées, j’aurais dû dire au revoir à ma carrière.»

Et quelle carrière. Ex-star de la radio, Arthur a connu la gloire dans les années 1990 en signant le concept d’émissions phare de la télévision française qui ont ensuite fait la pluie et le beau temps de ce côté-ci de l’Atlantique : La fureur et Les enfants de la télé. Au tournant du siècle dernier, il est devenu vice-président d’Endemol France, la boîte de production qui a changé le visage du petit écran avec les téléréalités Loft Story et Star Academy. En 2006, il a quitté ses fonctions pour se consacrer à son nouvel amour : la scène.

Au Festival Juste pour rire, il se produira en solo au Théâtre Jean-Duceppe, en plus d’animer le Gala des Français à la salle Wilfrid-Pelletier. Intitulé Oui, je le veux, ce dernier sera placé sous le thème du mariage et s’ouvrira sur un numéro de style Broadway qui angoisse passablement son hôte, qui ne s’est jamais publiquement livré à quelques steppettes.

«Danser en discothèque pour faire le beau, ça va, mais suivre une chorégraphie avec 20 filles qui sautent en l’air, je ne sais pas!» lance-t-il en riant.

«Je suis très flatté qu’on ait pensé à moi pour animer ce gala, ajoute-t-il. Je veux être à la hauteur de tous ceux que j’ai vus avant, comme Marc Labrèche, Laurent Paquin et Rachid Badouri.»

Superstar en France, Arthur sait qu’il ne jouit pas de la même notoriété au Québec. À l’entendre, ce décalage ne semble pas l’agacer. À 45 ans, Arthur dit avoir appris à dompter son ego. Son secret? Sa maman, qui ne se gêne pas pour lui ramener les deux pieds sur terre à la moindre occasion. «Quand je sors de scène sous les acclamations du public, ma mère me dit toujours un truc comme : « À propos de cette chemise… Il faut qu’on trouve une solution : ou tu la rentres dans le pantalon ou tu la sors! »»

Depuis peu, Arthur produit des films. Son dernier projet, Les Tuche, totalise plus de 600 000 en­trées depuis sa sortie en salle, il y a une semaine. Côté Hollywood, il a prêté main-forte à la comédie sentimentale Larry Crowne, qui met en vedette Tom Hanks et Julia Roberts. «Quand je les ai rencontrés, j’avais l’impression d’avoir devant moi Forrest Gump et Pretty Woman! raconte-t-il en riant. J’avais envie de prendre une photo, mais je n’ai pas osé. Je ne suis pas un bouffon, après tout!»

Le gala des Français
À la salle Wilfrid-Pelletier
Vendredi et dimanche soir
Arthur en tournée
Au Théâtre Jean-Duceppe
Du 19 au 23 juillet

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.