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La tentation d’exister d’Hôtel Morphée

Photo: collaboration spéciale

Un peu plus de deux ans après la parution de son second maxi, le groupe Hôtel Morphée entend entrer dans les grandes ligues avec Des histoires de fantômes, et ses membres ne ménageront aucun effort pour marquer l’époque.

La formation Hôtel Morphée, qui avait éveillé l’intérêt des early listener – ces spécialistes dont l’influence détermine les tendances, comme les journalistes des Inrockuptibles –, devrait faire son entrée dans les grandes ligues au cours des prochaines semaines, maintenant qu’elle est encadrée par l’étiquette Audiogram.

Le premier (et très cinématographique) clip Garde à vous, réalisé par Maxime Giroux, dans lequel la chanteuse de la bande tue son alter ego fantomatique, témoigne éloquemment du climat de l’œuvre où planent mystère et urgence dans une ambiance soutenue, saccadée, baroque et en proie à la folie. «Je ne pense pas qu’il s’agisse de la folie dans le sens clinique du terme, mais des mauvaises idées qui nous accompagnent : la névrose et ces boulets que l’on traîne et qui affectent notre personnalité. C’est davantage de cela dont il est question», analyse le batteur Stéphane Lemieux, qui a lui-même côtoyé la vraie (et triste) folie dans son ancienne vie professionnelle.

Laurence Nerbonne, la chanteuse, violoniste et parolière du groupe, renchérit lorsque le journaliste fait remarquer que la mort semble rôder sur cet album : «Sincèrement, je ne l’ai pas vraiment ressenti. Mais le côté militaire, notamment dans les beats de batterie, est totalement présent. Je pense que ce disque est fait de façon un peu plus générique. Il s’agit d’une représentation de la société actuelle : on se sent tellement encabané ces temps-ci, tellement manipulé… On parle donc de sujets qui sont plus grands qu’un seul individu. Le côté machinal, saccadé, est aussi une évocation de ce que beaucoup de gens vivent. Mais l’album est éclectique : on y traite de sujets lourds, certes, mais le tout est enveloppé d’un certain humour noir», soupèse cette admiratrice de Nico et du Velvet Underground qui mène en parallèle une carrière d’artiste peintre.

Ce qui explique, en partie, l’esthétique très typée de ce groupe composé de musiciens aguerris doublés d’explorateurs sonores : «On aime beaucoup écouter des morceaux que l’on met en perspective avec l’époque pour tenter d’en cerner les particularités. Si des tripeux disent un jour de nous : “Regarde ce qu’ils ont fait en 2013”, c’est que nous aurons créé quelque chose qui ne sera pas seulement la saveur du moment, mais qui aura traversé les modes. Nous réaliserons alors un rêve qui est probablement celui de tous les bands : marquer le temps. Inconsciemment, c’est probablement ce que l’on tente de faire», estime avec pertinence le batteur Stéphane Lemieux.

Ce qu’en disent Les Inrocks
La revue de référence française Les Inrockuptibles a publié, au sujet d’Hôtel Morphée : «Garde à vous, premier extrait dudit disque, est effectivement une merveille de folk alambiqué et de pop à venins fantastiques, arrangé avec grâce et complexité, portant en ses textes une grande poésie, capable d’admirables envolées soniques. Les précédents morceaux du groupe étaient au niveau, et ce qui vient plane également très haut, comme chez Monogrenade : on va en reparler, beaucoup, et leur album, Des histoires de fantômes, pourrait nous hanter longtemps.»

Des histoires de fantômes
Présentement en magasin

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