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Le troisième round de Catherine Ringer

Marc-André Lemieux - Métro

Ce n’est pas un hasard si Catherine Ringer évoque un ring de boxe dans le titre de son nouvel album, Ring n’ roll. Car pour la star, ce disque marque non pas un nouveau départ, mais plutôt le 3e round d’un combat entamé il y a 53 ans. «J’ai l’impression d’avoir eu trois âges, dit-elle au téléphone. Un premier quand j’ai commencé une carrière en tant que mannequin enfant. À cette époque, je faisais des petits tournages ici et là… et aux alentours de 15-16 ans, j’ai quitté l’école pour jouer dans des comédies musicales qu’on montait dans des cafés théâtres, etc. Puis, il y a eu ma rencontre avec Fred [Chichin] et la naissance des Rita Mitsouko… Et aujour­d’hui, c’est une nouvelle période qui débute.»

Premier opus en solo de la star depuis le décès de sa douce moitié, en novembre 2007, Ring n’ roll ne verse jamais dans le pathétisme larmo­yant, et ce, même s’il salue la mémoire de Fred Chichin à plusieurs reprises (Vive l’amour, Rendez-vous, Malher).

Demain soir, Catherine Ringer présentera à ses (nombreux) fans québécois les pièces vitaminées de ce CD, en plus de piger dans le répertoire des Rita Mitsouko pour un voyage dans le temps pas piqué des vers. «Je viens de manger une tarte à la framboise : je vais donc très bien!» lance-t-elle en début de conversation. Nous avons discuté avec l’icône française.
 

Vous avez dit, à propos du nouveau disque : «Je pense que bien des gens vont réaliser que mon rôle au sein des Rita était plus important.» Avez-vous souvent eu l’impression que le public et les médias vous sous-estimaient?

Oui. Fred a toujours été considéré comme «le musicien» et moi, «la chanteuse». Et c’est sans doute dû au fait que durant toutes ces années, nous signions nos chansons «Les Rita Mitsouko» et non «Ringer et Chichin, auteurs».


Était-ce une source de frustration?

Non. L’autre jour, j’étais à la radio à Paris, et les animateurs me posaient des questions comme : «Alors, il paraît que vous avez acheté un bouquin pour apprendre comment écrire des chansons?» Ils essayaient de me provoquer, mais j’ai rigolé.


Vous avez commencé la tournée il y quelques semaines. Comment est l’accueil du public?

Il est bon. Le public est à l’écoute et chaleureux. Ce qu’on aime dans le live, que ce soit dans les matchs de foot, dans les prières à l’église ou dans les manifs en France, c’est cet esprit de communauté, ce côté «nous sommes tous unis».


En plus de jouer de la guitare sur l’album, votre fils, Raoul, vous accompagne sur la route. Vise-t-il une carrière en musique?

Oui.


Êtes-vous du type à lui donner des conseils ou des mises en garde?

Oui, bien sûr. Je lui dis d’être bien présent quand il joue, d’être dans l’émotion, dans la vibration avec les gens.


Parlez-nous du premier extrait du disque, Pardon, dans laquelle vous dites : «L’autobus était mi-plein / Près de moi une place vide / Elle s’approche, s’assoie / Et comme s’excusant de vivre / Me dit pardon.» Décriez-vous le fait que nous vivons dans un monde où on passe son temps à s’excuser?

Oui. On pourrait la qualifier de chanson d’humeur où je dis : «Y’en a marre de dire pardon quand il n’y a pas lieu!» Quand on le dit tout le temps, on finit par se sentir coupable pour rien. C’est un tic toxique, au même titre que celui de laisser ses lunettes n’importe et passer son temps à les chercher. Il faut se discipliner et se débarrasser de ces mauvaises habitudes!


Dans une entrevue à L’express, vous avez dit : «Je ne voulais surtout pas voir ma tête sur l’album, ni en photo ni en dessin.» Pourquoi?

J’en sais rien! Ça ne me disait rien. Ce n’était pas le moment et je n’en avais pas envie. C’est peut-être le retour d’âge? [rires] En fait, j’avais envie d’une pochette abstraite à la Pink Floyd, pour que l’esprit de l’auditeur s’évade et pas seulement dans l’observation de la tronche de la voix qui chante.

Catherine Ringer
(avec Été 67 en première partie) Au Métropolis
Mardi soir à 21 h

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