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Steve Hill: longuement mûri

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Il y a longtemps que Steve Hill mijote Whiplash Love, qu’il définit comme son «album le plus achevé à ce jour, en tant que songwriter». Le musicien originaire de Trois-Rivières avait déjà écrit plusieurs pièces avant même de lancer son disque précédent, The Damage Done, en 2009. «The Damage Done était un projet en parallèle, que j’ai enregistré live avec le groupe The Majestics, en cinq jours. Il y avait des jams, des covers… c’était un autre buzz, et ça m’avait permis de prendre un peu plus de temps pour travailler à un disque de chansons.»

Steve Hill a donc pris son temps pour faire de Whip­lash Love un opus qui soit suffisamment uniforme, en sélectionnant les pièces parmi une trentaine de compositions. «J’aurais pu faire un album au son uniquement ballade country, ou juste hard rock, mais je voulais atteindre un équilibre entre les deux», explique-t-il. Mais qu’on se le dise : Whip­lash Love est un album résolument rock, «même si mes influences blues se font sentir dans mes solos de guitare ou dans la pièce-titre», soutient le guitariste.

Et à quoi ressemble le public d’un musicien de 37 ans qui fait du rock comme dans les années 1970? Steve Hill lance en riant que celui-ci a entre 7 et 77 ans. «Il y a autant les petits jeunes qui ont connu le rock avec Guitar Hero ou par leurs parents que des gens de 50-60 ans qui m’ont connu quand je faisais du blues. J’ai joué en Floride cet hiver, et il y a une dame de 80 ans qui est venue me voir et qui tripait!»

Le musicien, qui s’est récemment promené en Europe et aux États-Unis, raconte que les réactions ont été particulièrement bonnes durant ses récentes tournées à Las Vegas et au Texas. «C’est sûr que ma culture musicale vient davantage des États-Unis. Je suis allé jammer dans trois bars du Texas, j’en rêvais depuis que j’avais 15 ans… Je me suis fait payer plus de shooters là-bas que si j’avais fait la même chose au Bistro à Jojo à Montréal», rigole-t-il.

Même s’il roule sa bosse depuis une vingtaine d’années et s’est mérité au fil du temps le titre de «guitar hero québécois», Steve Hill est loin d’être devenu une vedette inaccessible. Au contraire. «Je rencontre toujours le monde après le show, j’adore ça, assure-t-il. Il y a des gens qui me suivent depuis longtemps et qui sont devenus des chums. Avant la sortie de mon avant-dernier disque, Devil at my Heels, j’en avais invité plusieurs chez moi pour écouter l’album et manger des burgers!»

Mais malgré ces relations cordiales avec le public qué­bécois, le rêve ultime, pour le Trifluvien, demeure de percer aux États-Unis, ce qui explique en partie le fait qu’il chante en anglais. «Mais c’est surtout parce que c’est ce qui est naturel pour moi, ajoute-t-il. J’écris quand l’inspiration me vient, ça commence souvent par une phrase qui m’arrive en tête… et c’est généralement en anglais. Je me vois mal écrire en anglais pour ensuite traduire en français.»

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