A$AP Rocky @ Théâtre Corona
- A$AP Rocky @ Théâtre Corona
Dimanche 29 janvier
Le single Peso est apparu sur l’internet en août dernier. Une chanson avec beaucoup de style, très bien rappée, qui parle d’argent et qui fait l’énumération de diverses drogues. Tel est l’univers de A$AP Rocky, jeune Afro-Américain né en 1988 et ayant grandi à New York. Une nouvelle figure du rap, celle des ados des années 2000.
L’un de mes collègues et amis (Laurent K. Blais, du blogue 10kilos.us, qui est titulaire d’une maîtrise en communication sur le rap) qualifie ce nouveau courant, mené par les A$AP Rocky, Odd Future, Soulja Boy et compagnie, de rap «ignorant». Non pas au sens péjoratif, mais en opposition au rap dit «conscient». Sur son blogue, il explique que «la mouvance « consciente », souvent associée à une politisation des contenus et des intentions, a dominé une bonne partie de l’histoire du rap américain depuis The Message (Nas). Les années 1980-1990 ont été l’âge d’or des enseignants, « preachers » et autres éveilleurs de conscience (KRS One, par exemple)… « L’ignorance » doit être comprise ici comme l’opposé de la « conscience », au sens de la connaissance, de l’éducation, de l’éveil à des enjeux globaux et majeurs qui transcendent la production musicale». C’est dire qu’au final, l’auteur de rap «ignorant» s’amuse et fait dans le divertissement sans tenter d’enseigner ou d’éduquer. Pensez à Soulja Boy et Crank Dat comme emblèmes.
Depuis la parution de Peso, A$AP Rocky gravit les échelons plus rapidement que Kim Dotcom au début des années 2000 (megajoke). Son mixtape LiveLoveA$AP, disponible gratuitement en téléchargement depuis le 31 octobre, est l’un des albums les plus rafraîchissants à être tombés dans mon disque dur depuis longtemps. Un gars de New York qui parle de codéine et reprend les codes et caractéristiques du rap sudiste, entre autres l’utilisation de refrain «chopped & screwed» où l’on ralentit considérablement le tempo de l’enregistrement original. On a clairement affaire à quelqu’un qui connaît ses classiques. Pas surprenant que son prénom, Rakim, lui ait été donné en l’honneur du rapper des années 1980-1990 membre du duo Eric B. & Rakim. Parmi ses influences, il cite Three 6 Mafia, Mobb Deep, Wu-Tang Clan, Mike Jones, Andre 3000, Drake, Kanye West, Wiz Khalifa, UGK, Lil B, YungHusky, Devin the Dude et Bone Thugs-n-Harmony. Il se permet même quelques couplets chantés à la Bone sur l’excellente Palace, disponible sur le mixtape. On n’a pas fini d’en entendre parler puisque la rumeur veut que SONY/RCA lui ait fait signer un contrat d’une valeur de 3 M$US. À suivre… Théâtre Corona, 2490, rue Notre-Dame Ouest
- Katy B @ Belmont
Vendredi 27 janvier
Il n’y a pas microcosme musical plus intriguant que l’Angleterre et, plus précisemment, Londres. Malgré leur influence sur la scène mondiale, bons nombres de courants musicaux y naissent et y meurent sans même qu’on en ait entendu parler. Merci à l’internet de nous aider un peu à suivre leur rythme, même si leur musique reste souvent un ovni pour les regards extérieurs.
Bassline, dubstep, grime, UK funky sont encore méconnus chez nous (commercialement), alors que ces genres de musiques jouent fréquemment dans les clubs anglais grand public depuis plusieurs années. L’une de leur plus grosse vedette, Katy B, sera de passage au Belmont ce soir. Une chanteuse qui fait dans la pop saupoudré de dubstep et de UK funky. Son premier hit, On A Mission, produit par Benga, l’un des pionniers à diffuser du dubstep à la radio, a été vu plus de 15 millions de fois sur YouTube et a propulsé sa carrière alors qu’elle n’avait que 21 ans. Deux ans plus tard, un album en poche, son pari est de réussir à faire passer sa pop UK-garage-dub-grime au niveau international. On y est presque. Belmont, 4483, boulevard Saint-Laurent
Autres suggestions :
- Vendredi 27 janvier
Green Velvet + Maya Jane Coles + Brotzky @ Igloofest
- Samedi 28 janvier
Marcel Dettmann & Ben Klock + Ostrich @ Igloofest
- Samedi 28 janvier
Smith Westerns @ Il Motore