Le monde original de Fred Pellerin
Quand Fred Pellerin avait lancé son premier album de chansons, Silence, il y avait inclus cinq reprises de chansons célèbres. «Cinq sur 12, ce n’est pas si pire, dit-il. Sauf qu’après la sortie du disque, il y a eu plein d’albums de reprises, et j’ai été mentionné dans les critiques du genre : « Tout le monde fait des reprises, ils sont où, nos compositeurs? » … et en mon for intérieur, j’avoue que je suis un peu d’accord avec ça! On est encore capables de faire de grandes chansons!»
Ce sont donc 13 compositions originales, signées par Fred ou par d’autres paroliers – René-Richard Cyr, David Portelance… – qu’on trouve sur C’est un monde. «J’avais envie de me challenger, explique le chanteur. Quand t’attaques une chanson de Félix Leclerc, comme Douleur, c’est sûr qu’elle part avec trois pas d’avance. C’est Félix, on l’aime, c’est déjà une grande chanson… Elle a déjà une souvenance, une empathie naturelle de notre oreille. Il y avait quelque chose d’attirant à en faire 13 neuves, à voir si les frissons se communiqueraient quand même.»
Celui qu’on connaît surtout pour son univers de conteur croit que la chanson lui permet de voyager «dans des zones où le conte et le cinéma ne peuvent pas aller». «Le cinéma, c’est comme un immense paquebot, compare-t-il. Le conte, c’est du délire, un bateau qui tiendrait dans les chutes, les cascades… La chanson, c’est un tout petit radeau, comme une feuille sur laquelle des souris pourraient voguer.»
Et même s’il a de nouvelles chansons à son actif, Fred Pellerin n’a pas l’intention de partir en tournée musicale pour autant. «Chanter sur scène avec des musiciens, c’est une discipline, un muscle que je ne suis pas habitué à travailler, explique-t-il. Pour moi, la chanson, ça se passe sur disque. Sur scène, je fais du conte!»