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Jon Lajoie: p'tit gars de Montréal

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Réaliser le rêve américain, ça transforme un homme? Pas Jon Lajoie. Joint à sa résidence de Los Angeles, l’humoriste montréalais, dont la popularité a explosé grâce à des vidéos humoristiques diffusées sur le web, se réjouit – sincèrement – de rentrer à la maison pour y présenter son nouveau spectacle, I Kill People.

«Mon sens de l’humour est très montréalais, affirme-t-il dans un français teinté d’un accent anglophone. Au Québec, les gens sont rare­ment choqués, ils sont très ouverts, progressistes… On y trouve toujours les meil­leurs publics parce qu’il y a une connexion entre eux et moi. Les gens ne prennent pas tout au premier degré. Il y a certains endroits aux États-Unis où ils ne comprennent pas que je fais de la satire.»

Et de la satire, il y en aura dans cette nouvelle tournée durant laquelle Lajoie reste très fidèle à l’humour qui l’a fait connaître, promet-il. «Je fais du standup, je donne un cours PowerPoint pour apprendre aux gens à devenir un super bon comédien comme moi, rigole-t-il. Je chante certaines chansons que le monde connaît et d’autres inédites, et je vais faire la première d’une nouvelle vidéo, WTF Collective 3.»

Et oui! Même si le jeune homme a percé à Los Angeles, où il joue dans la série humoristique The League, il n’arrêtera pas de sitôt de produire les vidéos qui ont d’abord fait sa renommée (rappelons-nous de?Everyday Normal Guy, Show Me Your Genitals, Radio Friendly Song…) «Je ne crois pas que je vais arrêter un jour, dit-il. La liberté créatrice que ça me procure, c’est vraiment génial. Des fois, j’écris un sketch pour la télé et je me dis : F… it! Je vais aller le tourner demain et le mettre sur Internet!»

Il ne faudrait pas croire que Jon Lajoie renie en bloc tout ce qui vient d’Hollywood, mais il avoue avoir un faible pour les productions à petit budget. «J’essaie d’écrire avec un budget de 100 $ par vidéo. Ça rend plus créatif, il y a des choses qui sortent auxquelles je n’aurais jamais pensé si j’avais eu plus d’argent.»

L’envie de liberté y est aussi pour beaucoup, et c’est d’ailleurs pourquoi le projet de comédie musicale de Jon est toujours en chantier. «Je suis très motivé, j’ai écrit plein de musique, mais j’ai un peu peur chaque fois que je rencontre des producteurs, avoue-t-il. Si je pouvais faire assez d’argent pour le produire moi-même, c’est ce que je ferais.»

Des tabous?
Jon Lajoie est connu pour son humour irrévérencieux et sou­vent cru. On pourrait croire qu’il ne s’impose aucune limite, mais ce ne serait pas tout à fait vrai.

«La seule chose que je ne veux pas, c’est de faire des blagues gratuites ou mesquines, dit-il. J’essaie de trouver un aspect drôle et un peu universel auquel on peut s’identifier, dans les sujets tabous?: la mort, le suicide, le viol, le sexe, le racisme… J’aime ça en parler, mettre les gens mal à l’aise, mais je ne veux pas qu’une person­ne puisse avoir l’impression que je me moque d’elle en particulier.»

Jon Lajoie
Au Club Soda
Lundi à 22 h

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