Bharati: soleil indien à Montréal
En sortant de la salle Wilfrid-Pelletier mardi, on n’avait qu’un regret : que le spectacle Bharati – Il était une fois l’Inde… n’ait pas été présenté à Montréal au mois de février, quand tous les moyens sont bons pour chasser la grisaille de l’hiver. On se doute que cette explosion de couleurs et de joie de vivre aurait accompli cette mission sans aucun problème. Mais déjà, par leur énergie et leur enthousiasme, les 70 artistes indiens sur scène ont contribué à la prolongation de l’été indien…
Car l’ambitieuse production, qui a déjà tenu l’affiche à Paris pendant six ans, est avant toute chose un pur divertissement. Bien sûr, il y a une volonté de faire connaître certains aspects de la culture indienne aux spectateurs occidentaux, mais on assiste surtout à un spectacle au kitsch joyeux et assumé, à la comédie musicale «bollywoodienne» par excellence.
Interprété en hindi, Bharati repose, bien sûr, sur une histoire d’amour. Siddharta (Muthu Saravanan), ingénieur indien ayant grandi aux États-Unis, revient en Inde dans le but d’assainir les eaux du Gange, et tombe amoureux de la belle Bharati (Bhavna Pani), une Indienne élevée selon les traditions et déjà promise à un autre homme.
Si on comprend les péripéties de Bharati et de Siddharta, c’est grâce au narrateur Rahul Vohra, qui fait partie intégrante du spectacle et qui s’adresse au public en français ou en anglais, selon les repré-sentations. Éminemment sympathique, le dynamique narrateur y est allé d’anecdotes sur les traditions indiennes, d’histoires cocasses et même de références adaptées au public québécois, du pont Champlain à Gilles Vigneault. Autrement dit, Vohra s’est acquitté de son rôle de maître de cérémonie avec brio. À plus d’une reprise, l’espiègle personnage a même sollicité la participation d’un public hésitant, à qui il a enseigné les rudiments d’un mouvement de chorégraphie et un vers en hindi.
La distribution du spectacle n’a pas déçu non plus. Enchaînant les impressionnantes chorégraphies, dans des costumes – environ mille – plus colorés les uns que les autres, les danseurs se mouvaient avec aisance au son des chansons en hindi, typiquement bollywoodiennes et interprétées live par les musiciens et les chanteurs.
On admet par contre qu’au bout de deux heures de ce régime, on aurait pu commencer à trouver le temps long. Heureusement, chacune des deux parties du spectacle s’est conclue par un de ces numéros bollywoodiens à la Slumdog Millionaire, extravagant à souhait et irradiant la joie de vivre, qui nous en a mis plein la vue et qu’on aurait bien aimé voir se prolonger encore un peu.
Bharati – Il était une fois l’Inde…
À la Salle Wilfrid-Pelletier
Jusqu’à dimanche