Ashley Benson: d’enfant-vedette à fêtarde
La vedette de la série télévisée Pretty Little Liars Ashley Benson fait le saut au grand écran en s’assurant d’attirer le plus possible l’attention : aux côtés de Selena Gomez et de Vanessa Hudgens dans le Spring Breakers de Harmony Korine, où celles-ci jouent des camarades de classe qui lâchent leur fou.
Dans le film, on voit les personnages des filles démolir un restaurant en voulant financer une semaine folle en Floride, atterrir en prison et partager la couche d’un rappeur amateur complètement cinglé, vendeur de drogue armé et prénommé Alien (James Franco). Le tout dans un kaléidoscope de la culture américaine poussée à l’extrême. Sans surprise, le long métrage a provoqué de très fortes réactions. Et vous savez quoi? Benson aime l’idée que l’on puisse détester Spring Breakers. Métro a parlé à l’actrice, qui a fait ses débuts au petit écran à l’âge de 10 ans.
J’ai parlé à des gens qui n’ont pas compris le film.
Je crois que c’est le cas de plusieurs personnes, à vrai dire.
C’est une œuvre qui fait déjà beaucoup de bruit, en raison de son sujet, et aussi du passé de princesses de Disney de vos co-vedettes. Quand on est au centre d’une telle tempête médiatique, comment se sent-on?
Je n’écoute pas trop les critiques. Harmony voulait que les gens ressentent quelque chose… et s’ils sont horrifiés, c’est super; s’ils adorent, c’est encore mieux. J’aime quand les gens détestent le film, parce que ça signifie qu’on les a troublés, ce qui est une réussite en soi. Parce que c’est un film troublant, mais aussi un beau film.Alors, qu’on l’aime ou pas, ce qui compte, pour moi, c’est que les gens le voient et en parlent, positivement ou négativement.
À quel point la nature «pop poème» – expression que Korine utilise pour définir Spring Breakers – était claire dès le début?
Honnêtement, j’ai été incluse au projet à la dernière minute – environ deux semaines avant le début du tournage. En lisant le scénario, je n’ai eu le temps de penser que : «Oh mon Dieu, quel scénario courageux, cru, organique, nerveux… J’aimerais tellement en faire partie.» Et mon personnage était si différent et je n’en avais rien à foutre de ce qu’elle faisait, vous voyez? Elle a tellement de culot, je n’avais jamais rien joué de ce genre. Et j’ai dit à mon agent, quand je cherchais un projet, que je voulais jouer une dure à cuire liée au monde de la drogue, de la violence – et ce scénario est arrivé de nulle part et je me suis dit : «Oh mon dieu! Je dois décrocher ce rôle!»
«Faites comme si c’était un jeu vidéo» : voilà une réplique particulièrement révélatrice…
Ce n’était pas dans le scénario, en fait. Le scénario était plus descriptif, visuel, avec très peu de dialogues. Pour l’audition, Harmony a demandé de choisir trois scènes du film, et chacune contenait quelque chose comme deux répliques. Ça disait plus de quoi les gens avaient l’air, ce que les filles portaient, qu’elles allaient danser, jouer avec des fusils, qu’il y aurait cette scène d’amour avec Alien… Et c’est ce qui rend ce film si brillant! Parce que la moitié des choses ont été inventées à la dernière minute, ou carrément improvisées. Mais cette réplique en est une bonne, et elle est très vraie! On vit dans un monde où les jeux vidéo sont tellement réalistes. Et ces filles regardent des dessins animés, jouent à des jeux vidéo, se droguent, se saoulent. Et pour pouvoir le faire, elles font semblant d’être dans un jeu vidéo.
Ce film est une excellente façon de commencer une carrière cinématographique. Quelle est la prochaine étape?
Je travaille sur ma série télévisée pour le moment, et je vais essayer de trouver un équilibre avec les films. Pour l’instant, je lis des scénarios. J’aimerais refaire quelque chose comme Spring Breakers, et retravailler avec un réalisateur comme Harmony.
Spring Breakers
En salle dès vendredi
Lisez nos entrevues avec le réalisateur Harmony Korine et le comédien James Franco dans l’édition de vendredi