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Andrew Niccol présente The Host de Stephenie Meyer

Photo: Collaboration spéciale

Après avoir pressenti l’avènement de la téléréalité dans The Truman Show, donné à Nicolas Cage le titre de Lord of War et fait courir Justin Timberlake pour qu’il soit In Time, à l’heure, le réalisateur, scénariste et producteur néo-zélandais Andrew Niccol s’attaque à The Host, une adaptation du roman signé par l’auteure de Twilight, Stephenie Meyer.

«À Hollywood, le terme ‘‘ambiguïté’’ est un gros mot, affirme sans détour Andrew Niccol. Tout scénario qui est un peu complexe, fouillé ou ambivalent est mal vu.»

Eh oui, même s’il a signé de grosses productions, avec de gros noms en tête d’affiche, dont Uma Thurman, Jude Law, Al Pacino et Jared Leto, le cinéaste ne révère visiblement pas l’industrie des superproductions dans laquelle il baigne, et ce, malgré lui, dit-il. Il regrette le manque d’ouverture de Hollywood, sa prise de risque minime, les personnages linéaires qui y trônent.

Au sujet des Oscars, par exemple, il nous confie au bout du fil que c’est «un ramassis de bêtises». «Depuis la naissance de la cérémonie, aucune œuvre de science-fiction n’a obtenu l’Oscar du meilleur film, se désole-t-il. Pire encore! 2001: A Space Odyssey n’a même pas été nommé dans la catégorie Meilleur film. C’est ridicule.»

Quand on lui demande s’il espère changer la tendance un jour, il éclate de rire et tranche tout de suite : «Non! Une statuette, ce n’est vraiment pas ce que je cherche!»

Ce qu’il cherche, alors? Explorer la question de la dualité, les conflits intérieurs de l’être humain. C’est pourquoi il a tant aimé transposer à l’écran The Host, de Stephenie Meyer. Un roman au sein duquel les vampires ont cédé la place aux extraterrestres et dans lequel le triangle amoureux qui a fait les beaux jours de Twilight s’est mué en «relation à quatre».

The Host (Les âmes vagabondes dans sa version française) se passe dans un avenir proche. Des bestioles qui ressemblent à des chenilles lumineuses se sont arrêtées sur notre planète. Elles sont gentilles, elles sont douces, elles prennent soin de la nature et de leur prochain. Mais elles prennent aussi possession des corps humains. Ce qui, finalement, n’est pas si gentil que ça.

Une de ces créatures se glisse dans le corps de Melanie, une jeune femme (incarnée par Saoirse Ronan) qui tente d’échapper aux espèces invasives. Choc. Melanie demeure dans son corps avec la créature (incarnée également par Saoirse Ronan). Elles sont donc désormais deux à partager la même anatomie (de Saoirse Ronan). Ce qui est particulièrement ardu, puisqu’elles sont amoureuses… de deux garçons différents. (Petit rappel : c’est du Stephenie Meyer.)

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Si résumer The Host peut sembler complexe, imaginez transposer ce récit en images. «Tout le monde me disait : ‘‘Mais c’est impossible! Tu n’y arriveras jamais!’’ se souvient Niccol. Et moi je répondais : ‘‘Eh bien, moi, je crois que je vais y arriver!’’» Ha!

Le cinéaste et scénariste confie toutefois que Meyer a rejeté certaines de ses suggestions et n’a pas accepté tous les changements qu’il aurait aimé apporter au livre. Par exemple, il aurait préféré que les bibittes prennent possession des humains en entrant par leurs yeux. Meyer a préféré garder son idée de départ. Ainsi, elles pénètrent par l’arrière du cou. «Malgré cette divergence d’opinions, notre collaboration a vraiment été très agréable», assure-t-il.

La preuve : plusieurs des modifications qu’il a proposées ont été acceptées. Par exemple, dans le livre, les extraterrestres utilisent des armes à feu pour éliminer leurs ennemis. Dans le film, ils utilisent plutôt un vaporisateur spécial, le peace spray, le spray de la paix. Une idée dont le scénariste est particulièrement content. «Ça me semblait plus logique», observe-t-il.

Avec ce nouveau film, Niccol signe la réalisation de son cinquième long métrage. Entré par la grande porte dans le milieu du cinéma avec le brillant scénario de The Truman Show, dont la réalisation a été confiée à Peter Weir, il affirme ne jamais analyser sa filmographie qui est «en constante construction». Sans complexe, il avoue faire du cinéma… pour lui-même. «Tous les réalisateurs disent qu’ils créent pour le public. Moi, assez sottement peut-être, j’admets faire du cinéma pour moi. Je tourne les films que j’aimerais voir.»

Et pour quelle raison irait-il voir The Host? «Pour cette coexistence entre deux êtres dans un même corps, pour la notion de sacrifice que Stephenie décrit si bien et pour tous ces personnages qui sont prêts à mourir pour sauver ceux qu’ils aiment. Je trouve ça vraiment très, très beau.»

The Host
Réalisé par Andrew Niccol, qui signe également l’adaptation, ce nouveau film inspiré d’un livre de Stephenie Meyer sort quelques mois après que la saga cinématographique vampirique eut présenté son dernier chapitre, The Twilight Saga: Breaking Dawn – Part 2. Le cinéaste affirme avoir été très inspiré par «les idées foisonnantes de l’auteure».

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Andrew Niccol en trois films

Des récits d’anticipation, des trafiquants d’armes aussi vils que souriants, et des pop stars. Ouaip, il y en a pour tous les goûts dans la filmographie du réalisateur néo-zélandais.

Gattaca
Second film scénarisé par Andrew Niccol, mais premier réalisé par lui, Gattaca réunissait le futur couple de futurs ex Uma Thurman et Ethan Hawke. Comme The Host, ce récit se déroulait dans un univers différent, mais pas trop, du nôtre. «Je le croyais alors et je le crois encore : c’est beaucoup plus facile de faire passer un message par la science-fiction, car le monde qu’on présente est étrange, mais reconnaissable.»

Lord of War
Dans ce film scénarisé et réalisé par Niccol, Nicolas Cage joue un trafiquant d’armes au sourire démoniaque. Ethan Hawke, quant à lui, incarne l’agent qui tente de lui mettre la main au collet. «Comme l’histoire est racontée du point de vue du trafiquant, l’opinion du spectateur est altérée, dit Niccol. Je me souviens d’avoir dit à ma blonde : ‘‘Ethan Hawke va jouer l’agent.’’ ‘‘Donc il sera le méchant’’, m’a-t-elle rétorqué. ‘‘Mais non, le gentil!’’ ai-je dû lui rappeler.»

In Time
Dans cette science-fiction d’action de 2011, Niccol met en scène Justin Timberlake. Le réalisateur garde d’ailleurs un excellent souvenir de mister Sexy Back. «Ce garçon a tant de talent! s’exclame-t-il. En plus d’être un acteur, un danseur et un chanteur de génie, il crée des vêtements et il joue au golf! Quand les gens me prient à la blague : ‘‘Dites-nous au moins qu’il est chiant!’’ je dois répondre : ‘‘Désolé, mais c’est le mec le plus gentil de la terre!’’»

The Host
En salle vendredi

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