Les noces de Figaro, pour et par les jeunes
La 32e saison de l’Opéra de Montréal commence de belle façon cette année : Les noces de Figaro, l’opéra le plus populaire de Mozart, ouvrira le bal. Cet opéra est parfait pour attirer un jeune public, croit la mezzo-soprano Julie Boulianne.
«C’est un opéra rafraîchissant, dit-elle. On travaille la comédie, et les idées de mise en scène viennent souvent des folies qu’on fait pendant les répétitions.»
Basé sur une pièce de Beaumarchais, suite du célèbre Barbier de Séville, Les noces de Figaro repose sur un chassé-croisé amoureux : le valet Figaro va épouser Suzanne, mais réalise le jour de ses noces que son patron, le comte, tente de séduire celle-ci. Dès lors, l’épouse du comte veut se venger et Figaro tente d’empêcher le comte de lui voler sa fiancée.
Julie Boulianne interprète Chérubino, l’adolescent qui «fout le bordel, sème la pagaille, un personnage clé qui fait que tout devient complètement fou», décrit la jeune Québécoise. «C’est un personnage attachant pour le public – et pour moi – que j’ai apprivoisé, parce que ça fait quelques fois que je le fais. C’est un rôle un peu complexe, parce que c’est un garçon qui doit se déguiser en fille à l’occasion!»
La célèbre soprano américaine Nicole Cabbell, quant à elle, interprète la comtesse pour la troisième fois de sa carrière, mais collabore pour la première fois avec l’Opéra de Montréal, si on exclut une participation à son gala en 2005. «J’étais contente de revenir à Montréal; et puis, la comtesse est un personnage tellement agréable à interpréter, à la fois plein de comédie et de drame très sérieux.»
À l’instar du reste de la troupe, les deux chanteuses sont assez jeunes, un état de fait qui, à leur avis, va de pair avec la cure de jouvence que subit l’opéra depuis quelques années.
«Ça fait 10 ans que je chante de façon professionnelle, et j’ai toujours vu cette tendance à essayer de ramener les jeunes dans les salles d’opéra, affirme Nicole Cabbell. C’est sûr que le public est toujours davantage composé de gens plus vieux; les goûts changent quand on vieillit. Mais je crois que plusieurs compagnies font un grand effort pour attirer un jeune public. Les acteurs sont jeunes et souvent locaux, les mises en scène sont dynamiques…»
Julie Boulianne ajoute que la présence de jeunes comédiens est aussi due à la logistique. «Beaucoup de metteurs en scène ont travaillé au cours des dernières décennies pour que l’opéra devienne plus crédible sur le plan théâtral, explique-t-elle. Beaucoup d’importance est accordée à l’image, et on essaie de donner aux acteurs des rôles qui conviennent à leur âge. On doit s’entraîner beaucoup, ce n’est plus comme à l’époque où la mise en scène était très statique.»
Les noces de Figaro
À la salle Wilfrid-Pelletier, les 17, 20, 22 et 24 septembre