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Inna Modja: petite peste ira loin

La voix derrière l’irrésistible French cancan (Monsieur Sainte-Nitouche), c’est elle. Née au Mali, Inna Modja a toujours rêvé de devenir chanteuse. À 15 ans, elle a cogné à la porte de Salif Keita dans l’espoir d’y trouver une oreille attentive à ses ambitions. Son audace a payé puisqu’au terme de quelques rencontres, le  célèbre musicien africain a guidé l’adolescente vers le Super Rail Band de Bamako, un groupe de vieux papis swingueurs dont il avait lui-même fait partie.

«Il s’est sûrement dit : « Si je ne m’occupe pas d’elle, elle ne va jamais me laisser tranquille! »» raconte l’étoile montante de 27 ans à l’autre bout du fil.

Fonceuse, vous dites?

Cette semaine, Inna Mod­ja revient avec Love Revolu­tion, un deuxième album anglophone à saveur pop et soul dont elle signe les paroles et la musique.

Réalisé par Alexandre Azaria (Niagara, Indochine), l’opus allie malice et fraîcheur sans jamais verser dans la superficialité… tout comme son auteure. Excisée à quatre ans à l’insu de ses parents, Inna Modja est marraine de l’organisation humanitaire Tostan, qui veille à l’amélioration de la condition féminine sur le continent africain.

Quand on salue son ca­ractère, Inna Modja réplique au moyen d’une phrase qui en dit long sur l’étendue de son assurance : «Je ne me suis jamais vraiment battue pour me faire entendre ou pour me faire voir. Je suis là, tout simplement.»

Votre nom d’artiste – Modja, qui signifie «petite peste» en peul – vient du surnom que vous donnait votre mère quand vous étiez enfant. Étiez-vous si terrible?
Oui! J’étais insupportable! J’étais une enfant hyperactive : j’avais envie de tout savoir, je posais beaucoup de questions, je croquais dans la vie à belles dents. J’avais tellement d’énergie que mes parents m’ont inscrite à plein d’activités parascolaires pour que je puisse la dépenser : peinture, karaté, danse, chorale… Ça n’a pas marché, je n’étais jamais fatigué en rentrant à la maison, mais ça m’a permis de développer des passions pour plusieurs choses!

Avez-vous autant d’énergie aujourd’hui?
Oui, mais j’essaie de la canaliser en faisant du yoga!

Sur la dernière piste du disque, Spirit, vous dites : «No more standards / No more cliché.» Cette phrase résume-t-elle le message de l’album?
Oui. Je ne suis pas quel­qu’un qui correspond aux standards habituels. Je n’entre dans aucun moule. Pour moi, c’est important de le revendiquer. Je m’ac­cepte telle que je suis.

Dans Kinks in my Hair, un véritable hymne à la différence, vous déclarez n’avoir peur de rien. Avez-vous toujours eu cette attitude?
Oui. Ça fait partie de mon éducation et de ma personnalité. Je n’ai jamais eu honte de moi. J’assume qui je suis. Avec la tête que j’ai, si je commençais à écouter tout ce que l’on dit sur moi, j’aurais du mal à trouver ma place!

Les personnalités fortes ont toujours eu la cote dans le monde de la musique. Votre look singulier a-t-il joué en votre faveur quand est venu le temps d’obtenir un contrat de disque?

Je ne sais pas si c’est un atout. J’irais même jusqu’à dire que ça peut me nuire… parce que les gens se disent : «Comme elle a un look, alors forcément, elle est superficielle.» Ce qui n’est pas le cas.

Avez-vous développé votre style vestimentaire durant les années où vous avez été mannequin?
J’ai commencé bien avant ça! J’ai toujours aimé aller dans les friperies. J’aime jouer avec les looks. Je ne suis pas une victime de la mode. Je n’ai jamais suivi les tendances.

Une dernière question en terminant : mais qui est Monsieur Sainte-Nitouche?
[Rires] C’est la vision que j’avais des hommes français quand je suis allée m’installer à Paris!

Love Revolution
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