The Joy Formidable, des bêtes de scène
The Joy Formidable revient à Montréal samedi pour présenter Wolf’s Law. Un disque qui signe le triomphe du trio sur l’adversité, affirme le bassiste Rhydian Dafydd.
Les chansons qui meublent Wolf’s Law, second album des Joy Formidable, sont teintées de disparitions inattendues, de relations brisées et d’émotions en montagnes russes. «Même si c’est dur, on aime nettement mieux ressentir quelque chose, putain, que de faire de la musique avec nonchalance», affirme sans détour Rhydian Dafydd.
Ces dernières années ont été mouvementées pour la formation originaire du pays de Galles. Depuis la parution de son premier disque, The Big Roar, en 2011, le trio a connu un succès sans cesse grandissant et grisant. Toutefois, sur le plan émotif, confie Rhydian, les choses ont été nettement plus complexes. En témoigne la chanson Tendons, qui relate la séparation du bassiste et de la guitariste et chanteuse du groupe, Ritzy Bryan. «Dans ce morceau, on parle de la fin de notre liaison romantique, tout en célébrant notre amitié, dit-il au bout du fil. C’est assez paradoxal. Et un peu douloureux.»
Aussi tristes soient-elles, il se dit néanmoins content d’enfin présenter sur scène ces nouvelles chansons. Surtout que le trio est connu pour offrir une expérience étonnante en live. «On a toujours vu le studio et la scène comme deux disciplines bien distinctes», annonce-t-il.
Le musicien souligne aussi que, malgré l’accueil positif de la critique et la grande tournée en sol américain qui se déploie ces jours-ci, sa bande, qui a également joué en première partie de Muse en 2012, a eu du mal à se tailler une place. «On est des Gallois du Nord, après tout! rappelle-t-il. Il n’y a pas beaucoup de groupes iconiques qui viennent de là. Ça complique les choses. Les gens essayent de nous classer dans une case, mais ils n’y arrivent pas.»
Avec détermination, le bassiste confie aussi que, si Ritzy, Matthew-le-batteur et lui se sont «fréquemment sentis exclus», ils se sont toujours consolés en songeant que tous les artistes qu’ils aiment «sont des marginaux qui peinent à trouver leur place». «Comme tous ces gens qu’on admire, on ne fait pas de la musique pour être dans le coup. On est des gens honnêtes. On compose avec notre cœur. Ce qu’on chante, ce ne sont pas seulement des tonnes de paroles sans queue ni tête. Ces mots-là, on les ressent. Réellement.»
Et au final, assure-t-il, c’est «dans leur différence que réside leur originalité». «Le chemin que nous avons suivi n’est pas traditionnel. Mais c’est en le suivant que nous avons bâti un réseau d’admirateurs aussi fidèles. Nous avons vécu des moments difficiles, mais nous les avons surmontés. Et Wolf’s Law, c’est le testament de notre puissance.» Parole de loup.
The Joy Formidable
Théâtre Corona
Samedi à 20 h