Critiques CD de la semaine du 13 au 17 mai
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Ô-Lit, David Myles, Matt Track, Lights, Maurane et Rod Stewart.
![]() |
Insoumission Ô-Lit Québec malade (3,5/5) |
Revendicateur, le mot est faible. Ô-Lit, du groupe Mauvais Acte, lance un premier album solo aux textes chargés à bloc politiquement, portés de bout en bout par la soif du changement et une production impeccable. Bien que la province qu’il décrit semble souffrir de tous les maux (une vision peut-être un peu trop noire de la réalité), le rappeur véhicule un message constructif et, surtout, des idées inspirantes pour guérir son Québec malade. Les événements du printemps érable refont surface ici et là, avec des protagonistes bien connus du public : matricule 728, Jean Charest, etc. Autant de personnages qui semblent nourrir l’esprit de saine révolte qui anime la musique d’Ô-Lit.
– Maxime Huard
![]() |
Lumineux David Myles In the Nighttime (3,5/5) |
Il a beau s’intituler In the Nighttime, le septième opus du Néo-Brunswickois David Myles est aussi plein de soleil que son précédent, Into the Sun. Sur un premier CD, on trouve de très belles chansons d’amour (dont une, superbe, à sa fille) aux textes dont émanent une sincérité et une simplicité désarmantes. Côté musique, c’est juste assez dépouillé, agréablement rétro (Change My Mind, avec ses chœurs féminins, nous plonge directement dans les années 1950), et Myles semble avoir toujours un sourire dans la voix. En prime, un second disque propose six pièces nées de sa collaboration avec le rappeur Classified. Une autre facette du romantique, plus rythmée, qui lui sied aussi comme un gant.
– Jessica Émond-Ferrat
![]() |
Un peu d’électrique Matt Track Matt Track (3/5) |
Avec son nouvel album complet, Matt Track – Mathieu Lafontaine de son vrai nom – conjugue de belle façon folk et indie-rock. Même si l’ensemble ne sort pas vraiment des sentiers battus, le Montréalais offre des mélodies qui nous restent en tête longtemps après l’écoute. Et sa voix, sans être spectaculaire, se marie parfaitement à ses compositions. L’album contient son lot de bonnes chansons douces et intimistes – Snooze, Change, Boxes – mais, quand l’artiste ajoute un peu de distorsion et de rythme, ses pièces deviennent vraiment intéressantes. On pense surtout ici à Cold Country et à Johnny.
– Mathieu Horth-Gagné
![]() |
Tout doux Lights Siberia Acoustic (3/5) |
Sur ce disque, la Torontoise Lights réinterprète son dernier album, Siberia, en mode acoustique. Le résultat est vraiment doux, épuré. Les morceaux les plus réussis sont ceux bercés par un piano. On adore Cactus et la pièce-titre, toutes deux émouvantes. Petit bémol: sur certaines chansons interprétées à la guitare, dont Suspension, le glissement authentique des doigts sur les cordes est tellement mis de l’avant qu’on entend presque seulement ça. Swiit. Swiit. Switt. Sur Flux and Flow, on en vient presque à craindre le prochain accord. Mais dans l’ensemble, le disque s’écoute avec plaisir. Notons que les amoureux de Cœur de pirate craqueront pour la belle Peace Sign, que la blonde québécoise chante en duo avec Lights.
– Natalia Wysocka
![]() |
Où est l’énergie? Maurane Live (2,5/5) |
Celle qu’on qualifie de chanteuse des chanteurs propose une captation de son spectacle des FrancoFolies de Montréal de l’an dernier. En plus de faire le tour de sa carrière en 16 chansons – de Danser à Fais-moi une fleur –, elle invite d’autres artistes à partager sa scène : Isabelle Boulay, Daran, Daniel Lavoie, Roch Voisine, entre autres. Malheureusement, la magie opère trop rarement sur cet album. Rien à voir avec la voix et le cœur de chacun. C’est qu’il manque cruellement d’énergie… Il y a des trous dans la musique. Ça aurait été bien de mettre de côté l’idée d’un spectacle «intime» pour une fois.
– Eric Aussant
![]() |
Notre peine Rod Stewart Time (2,5/5) |
Il y a de ces artistes qu’on aime tant qu’on voudrait tout leur pardonner. Malheureusement, parfois, c’est dur. Après un CD de Noël qui nous hante encore, Rod Stewart, auquel on donnerait la lune, revient avec du rare matériel original. En jetant une oreille distraite à la chose, on tombe dans le panneau. Les sonorités rappellent Maggie May et Have I Told You…, la voix de Stewart vaudrait cher à la SAQ (car, comme le bon vin, elle devient meilleure avec…etc. etc.). Puis, on s’attarde aux paroles. Sucré Jésus, sweet Jesus, qu’est-ce qui est arrivé là? Sur She Makes Me Happy, Rod chante qu’il surveille… sa ligne. Sur l’électro, oui, Sexual Religion, il se fait mâle dévoré de désir, et sur Live the Life, il utilise le mot «e-mail» (!!!). Sans rancune, M. Stewart, on vous adore, mais…?
– Natalia Wysocka
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





