Les finissants de l’École nationale de cirque font la fête
Dès mardi, les finissants de l’École nationale de cirque présentent en alternance deux spectacles : La vie en swing, de Sharon Moore, et Pour le meilleur et pour le pire, d’Alain Francœur.
Une scène de party de mariage se profilait sur la scène de la TOHU lorsque les journalistes ont été conviés à découvrir quelques extraits des spectacles de la plus récente cuvée de l’École nationale de cirque. Toute la bande, qui sera habillée de blanc, se meut au son de 3ème sexe, d’Indochine; c’est en effet l’ambiance kitsch des années 1970 à 1990 que le metteur en piste Alain Francœur (Cirque Orchestra, Timber!) a choisi pour réunir sur scène, dans le cadre des célébrations d’une noce fictive, les jeunes finissants.
Le lendemain, ce sera dans les années 1940 que nous transportera La vie en swing, de la chorégraphe et metteure en piste ontarienne Sharon Moore : sous de faux nuages suspendus au-dessus de la scène circulaire, des jeunes hommes feront des pirouettes à vélo au son d’une musique de piano vieillotte en courtisant des jeunes filles tasse de thé à la main, avant d’enchaîner avec un numéro de swing sur le fameux Sing Sing Sing, version Benny Goodman.
«Dans ces spectacles, on essaie de mêler cirque, danse et théâtre, explique Sharon Moore. L’école fait souvent appel à des chorégraphes et à des metteurs en scène, et le plus grand défi, quand on arrive, c’est de mêler ces incroyables capacités que les jeunes ont développées sur le plan technique avec leur talent artistique – parce que ce sont des artistes d’abord et avant tout, ils sont tous incroyablement créatifs – de sorte qu’on arrive à une histoire qui se tient. Il faut que ça donne un spectacle dans lequel on ne se dise pas : “Bon, là on est dans la technique. Hop! Maintenant, de retour au théâtre.” Ça doit être un tout.»
Ce qui s’avère plutôt complexe, considérant que tous les finissants doivent faire partie du spectacle, et que s’ajoutent à ceux-ci des étudiants des années suivantes. Ils sont donc environ 25 par spectacle, incluant 11 finissants dans chacune des deux œuvres. Et comme chaque étudiant ou duo d’étudiants perfectionne un élément durant son passage à l’école (vélo acrobatique, jonglerie, fil de fer, cerceau aérien, duo trapèze-danse…), il incombe aux metteurs en piste d’inclure chacun de ces éléments dans leur spectacle. Un joyeux casse-tête, mais Sharon Moore explique avoir rapidement trouvé une connexion entre ceux-ci et un type de danse qui l’intéressait particulièrement à ce moment : le swing.
«Quand j’ai reçu les vidéos des étudiants, j’ai trouvé que plusieurs d’entre eux avaient quelque chose nostalgique : le numéro de jonglerie de Jimmy Gonzalez, par exemple, se souvient-elle. Je l’ai imaginé comme un soldat sur le point de partir pour la guerre. Et j’ai pensé à une histoire de cinq gars des forces aériennes qui rejoindraient leurs amoureuses à l’usine de manufacture de Lancaster, à Montréal, dans les années 1940.»
Un contexte qui pourrait paraître plutôt sombre, mais la metteure en piste et son dramaturge, Derek Aasland, souhaitaient donner une dimension réaliste au spectacle afin d’obtenir une plus grande résonance émotionnelle. «Ceux qui ont vécu la guerre savent qu’ils vivaient parfois des moments comiques, où ils s’enfargeaient dans leurs sous-vêtements le matin, où ils regardaient par la fenêtre et voyaient passer l’être aimé… Nous avons essayé de faire ressortir ces moments drôles et tendres de ce contexte.»
Pour le meilleur et pour le pire / La vie en swing
À la TOHU
En alternance jusqu’au 9 juin