IAM : L’invasion vient de Mars
Vénérables vétérans de la scène hip-hop hexagonale, les membres de la formation phare IAM reviennent dans nos contrées avec leur tout dernier encodé Arts Martiens pour nous montrer de quel bois ils se chauffent.
Il en a coulé, de l’eau, dans le port de Marseille depuis qu’Akhenaton et DJ Khéops, encore ados en cette année 1984, ont décidé d’unir leurs rêves, leur énergie, leur enthousiasme et surtout leurs talents afin de créer ce qui allait devenir, en 1989, avec l’ajout de nouveaux membres, la formation IAM.
Épaulés par la bande du Massilia Sound System, IAM sort une première maquette en 1989. Ce n’est qu’en 1991, après qu’ils eurent joué en première partie de Madonna et des Rita Mitsouko que la formation lance son premier véritable album, De la planète Mars…
Un quart de siècle plus tard, maintenant dans la mi- quarantaine, les voilà qui dégainent Arts Martiens. Façon de faire un bilan de carrière? De boucler la boucle? «C’est possible qu’on ait eu l’envie de boucler la boucle. Contractuellement parlant, c’est le dernier album que l’on a avec une major. On ne sait donc pas ce que l’on fera à l’avenir», lance, avec son savoureux acceng, Akhenaton dont la seule certitude est que la formation sillonnera les routes de France en 2013 et 2014.
D’ailleurs, pour le spectacle au Métropolis, la formation puisera dans les albums solos d’AK, de Shurik’n et de tous les albums d’IAM dont, sourire grand comme le bar du Ritz, la très kitsch Je danse le Mia, nous assure Ak avant qu’on le relance sur ce projet de collaboration que les fans attendaient avec le grandiose Ennio Morricone : «Le projet n’est pas complètement mort. Il est au congélateur. On espère dans le futur pouvoir le réaliser.
Nous sommes partis sur un projet et nous avons changé de cap en cours de route. Nous avons pris du bon temps et vécu de bonnes heures à faire Arts Martiens, pour lequel nous avons fait 43 titres en 3 mois en multipliant les lieux d’enregistrement : il y avait une pièce où on écrivait, une autre où se faisait le recording, une troisième pour le scratch, une où on filmait… C’était vraiment l’usine hip-hop d’IAM», balance Ak, qui a vécu à New York dans sa jeunesse et qui refuse l’étiquette de old school quand on lui demande s’il s’agissait de la démarche du groupe au moment de la création.
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«Je dirais true school. C’est-à-dire une expérience ancrée dans les valeurs de base, dans l’éthique et la méthode de travail du hip-hop. Les expériences peuvent donner des résultats plus pop dans le rap. Nous, nous n’avons pas envie de virer pop. On avait surtout envie de respecter les critères qui ont fait en sorte que notre musique est celle qui est la plus appréciée. Celle qui est restée le plus longtemps dans les charts toutes musiques confondues. Dans le monde, c’est la musique majeure aujourd’hui», s’enthousiasme encore Ak.
IAM
Au Métropolis
Mardi à 21 h
FrancoFolies