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Daphné: en souvenir de la longue dame brune

Photo: Claude Gassian

La Française Daphné débarque à Montréal pour la première fois depuis son passage aux FrancoFolies de 2008, cette fois pour proposer ses relectures des pièces immortelles de Barbara, qu’elle a enregistrées sur le disque Treize chansons de Barbara.

Le pari était risqué : on classe volontiers les chansons de Barbara parmi les intouchables, les pièces sacrées auxquelles on ne touche pas. Pourtant, la chanteuse Daphné a réussi à trouver l’équilibre entre la fidélité aux pièces originales et l’apport d’une couleur rafraîchissante à celles-ci. «Il y a plein de choses que j’ai gardées dans les arrangements tout simplement parce que je trouvais ça magnifique, dit candidement l’artiste, jointe en France à quelques semaines de son spectacle à Montréal. Pourquoi mettre autre chose? J’ai beaucoup épuré, ce n’est pas aussi orchestré. Par exemple, il y a beaucoup d’accordéon sur les chansons de Barbara; dans mes versions, on n’en entend absolument pas. Par contre, on retrouve des instruments comme le célestal, l’orgue de verre, la harpe, que j’utilise souvent et que j’adore.»

Mais si elle s’est permis quelques libertés dans les arrangements, les mélodies restent les mêmes. «J’ai voulu rendre hommage à toute cette alchimie, aux mélodies absolument sublimes, alors je n’ai pas touché à une seule note de ses chansons, explique Daphné. Le but n’est pas de remplacer ce qu’elle a fait parce que c’est vraiment unique, mais de continuer de faire vivre, de faire connaître ses chansons. Leur apporter un éclairage, quelque chose de peut-être plus tendre.»

Car la chanteuse l’admet d’emblée, elle n’a pas dans la voix «cette extrême déchirure que Barbara avait» dans la sienne. «En me plongeant dans ses chansons, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de lumière dans ce qu’elle disait. C’était toujours tourné vers quelque chose de positif, mais toujours tellement sentimental. Il y a quelque chose dans son œuvre qui est déchirant, mais ce n’est pas ce que j’ai voulu transmettre.»

De fait, le choix des Treize chansons de Barbara du titre s’est fait assez rapidement, se souvient Daphné, d’abord parce qu’elle ne voulait pas opter pour des morceaux qui la rendraient trop triste : «Je n’aurais pas pu chanter Le mal de vivre, elle m’émeut trop, et ce n’est pas ce que j’avais envie de raconter aux gens. Sinon, au départ, je voulais faire Nantes, mais en la travaillant, j’étais trop bouleversée, je me suis dit que je n’y arriverais pas, que j’allais pleurer, confie-t-elle. Mais maintenant, je la fais sur scène.»

Du reste, l’artiste, qui affirme «ne pas faire partie des gens qui connaissent tout Barbara par cœur depuis l’enfance», a arrêté son choix sur des chansons qui résonnaient dans sa mémoire. «Comme elles passent par mon corps, par mon ressenti, ma façon d’être, il fallait aussi qu’elles passent par ma mémoire, par quelque chose que je connaissais, explique-t-elle. Je voulais vraiment faire Du bout des lèvres, Ma plus belle histoire d’amour – LA déclaration qu’on fait à son public… Gueule de nuit, que je trouve marrante, en demi-teintes… Ç’a été très spontané comme choix.»

Pour son spectacle aux FrancoFolies, Daphné promet quelque chose qui sera «assez proche du disque» : «Les arrangements sont assez dépouillés, c’est un spectacle très intime, il y a quatre musiciens qui m’accompagnent, décrit-elle. Je pense qu’avec ces chansons-là, on est proches des gens, et je voulais qu’on soit comme ça dans une petite bulle. On ajoute trois titres qui ne sont pas sur l’album : Je ne sais pas dire, Marienbad et Nantes. On aurait pu en ajouter davantage, mais je pense que c’est aussi un équilibre à trouver… On n’est pas non plus un juke-box de Barbara!»

En duo
Sur Treize chansons de Barbara, Daphné propose trois duos avec trois chanteurs.

  • La longue dame brune avec Dominique A. «Celle-là est originalement un duo écrit par Georges Moustaki. Et ça tombait bien, parce que Dominique et moi voulions faire quelque chose ensemble depuis longtemps.»
  • Gottingen avec Jean-Louis Aubert. «Jean-Louis Aubert a déjà travaillé avec Barbara, et sa voix me connecte directement avec l’enfance. Je trouvais donc ça approprié de l’inviter, et il a sympathiquement dit oui alors qu’on ne se connaissait pas du tout.»
  • Dis, quand reviendras-tu? avec Benjamin Biolay «C’est celui des trois que je connais le plus. J’avais envie qu’un homme dise ces mots-là. Benjamin, que je connais depuis longtemps, a quelque chose de très féminin, de très romantique, qui me touche énormément. Je n’aurais jamais pu chanter cette chanson avec quelqu’un d’autre.»

Daphné chante Barbara
Au Gesù
Vendredi et samedi à 20 h 30

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