Culture

Elephant Stone: conduisez-moi à votre chef

Photo: Bowen Stead

Le «hindi-rock» psychédélique et planant du groupe montréalais Elephant Stone érige un monument en l’honneur de la power pop des Beatles et de Big Star.

Voici un jeune Montréalais de descendance indienne qui baigne dans un généreux melting-pot musical depuis sa tendre enfance, ses parents l’ayant nourri à grandes cuillères de films bollywoodiens (avec ses rythmiques explosives et ses chorégraphies élaborées) et son frère aîné l’ayant initié aux Beatles, à The Who et à The Doors. Pas surprenant, donc, que le multi-instrumentiste Rishi Dhir de la formation Elephant Stone fasse preuve d’une grande sensibilité musicale. Le chanteur, bassiste et maître du sitar cultive un fort penchant pour les harmonies enivrantes qui puisent dans le psych-rock, la power pop et, bien sûr, la musique traditionnelle indienne.

Ayant récemment fait paraître un deuxième album éponyme s’inscrivant dans la continuité de ce métissage des horizons musicaux, Elephant Stone partagera sa pop psychédélique aérienne et accessible demain à la Sala Rossa, tout en participant à une soirée hommage au groupe rock culte Big Star, que Dhir décrit comme «l’un des groupes rock les plus importants de tous les temps». Le ton sera d’ailleurs donné à la soirée par la première du documentaire Big Star: Nothing Can Hurt Me, qui fait le point sur ces grands oubliés de l’univers du rock.

Comment qualifieriez-vous l’influence qu’a eue Big Star sur la musique contemporaine?
Leur premier album, paru en 1971, a ouvert les portes à plusieurs groupes phare de power pop et de rock tels que R.E.M., Elliott Smith et Teenage Fanclub. Même Daft Punk en fait l’éloge! Ils ont pris ce que les Beatles faisaient et y ont apposé leur touche unique de rock’n’roll issu de Memphis. Malheureusement, malgré l’appui de la critique, ils n’ont jamais, de leur vivant, obtenu la reconnaissance du public qui leur était due.

Vous êtes un sitariste émérite, peaufinant depuis déjà 14 ans votre apprentissage de cet instrument, tout en accompagnant d’autres formations (The Black Angels, Brian Jonestown Massacre) en tournée. Quel a été l’élément déclencheur pour vous?
Entendre des pièces comme Norwegian Wood (des Beatles) et Paint It Black (des Rolling Stones), qui intègrent toutes deux des sitars. J’ai d’abord appris le piano, puis la basse, puis la guitare, mais mon coup de cœur pour le sitar fut absolu et immédiat. Le fait que ça demeure quelque chose d’un peu inusité dans le milieu m’aura même permis d’accompagner Beck sur scène l’an dernier à Sydney, en Australie, pour jouer la pièce Loser!

La pop psychédélique a le vent dans les voiles, et on n’a qu’à penser à vos compatriotes de Tame Impala, de Foxygen et d’Unknown Mortal Orchestra si on en veut des preuves. L’aviez-vous vu venir?
Ça ne me surprend pas trop, mais ça m’emballe vraiment, ce retour aux mélodies et à l’instrumentation classique! Tout l’engouement pour la scène indie-rock me lassait, pour être franc. Le psychédélique, tu ne peux pas reléguer ça à l’arrière-plan, en bruit de fond. Tu dois vraiment y accorder toute ton attention, mais tu seras aussi grandement récompensé. Ça va droit au cœur.

Elephant Stone
À la Sala Rossa
Samedi à 21 h

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