Luc Langevin et la magie du moment
Après avoir connu le succès grâce à la série télévisée Comme par magie, l’illusionniste Luc Langevin offre son tout premier spectacle, Réellement sur scène. Une soirée faite d’illusions inédites, au cours de laquelle le magicien fera découvrir son parcours et interagira volontiers avec le public.
On le sait, vous rêviez de ce spectacle depuis longtemps. Mais depuis combien de temps le préparez-vous?
Ça fait plus d’un an qu’on travaille à sa conception, et les derniers mois ont été particulièrement intenses! Depuis que j’ai 16 ans que je songe à ce spectacle, que je note des idées dans un calepin. C’est un spectacle dans lequel, à travers les illusions, je raconte un peu mon parcours, ma philosophie, les raisons pour lesquelles j’ai décidé de délaisser la science au profit de la magie… Dans les émissions, c’était moi qui allais vers les gens; sur scène, ce sont eux qui entrent dans mon univers.
Les gens qui sont familiers avec votre émission se retrouveront donc en terrain connu…
Même si ce sont tous des numéros inédits, ils vont reconnaître le style de magie, qui génère le même genre d’émotions. C’est différent parce que je m’adresse à une foule et non à quelques personnes, mais on a voulu garder l’intimité, la proximité qu’il y avait dans les émissions.
Croyez-vous qu’il est plus «facile» d’impressionner les gens quand il n’y a pas le filtre de la télévision?
C’est un défi différent. À la télé, les gens sont plus proches; sur scène, il faut utiliser des accessoires plus gros – si je fais disparaître une pièce de monnaie, par exemple, ce n’est pas impressionnant sur scène parce qu’on ne voit rien. Ou si je fais un numéro de lévitation et que la salle est très sombre, les gens vont se dire : «Il utilise un fil»… Il faut toujours prévoir ce que les gens vont penser par rapport au secret de l’illusion et leur montrer que ce n’est pas ça qui se passe.
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Des tours de magie, on en a vu encore et encore. Est-il toujours possible de repousser les limites et de surprendre?
Toujours! Si je ne pousse pas, je ne suis pas stimulé. Chaque fois que je termine une émission ou, dans ce cas-ci, le spectacle, je ne vois pas comment je pourrais faire mieux… mais finalement, je trouve! La télé m’a forcé à être très créatif – j’ai fait au-delà de 400 illusions pour Comme par magie –, à renouveler certains numéros, à trouver de nouvelles approches. Ça m’a beaucoup aidé à concevoir le spectacle; j’ai vu ce qui fonctionnait le mieux. Quand je concevais les émissions et que j’avais vraiment une bonne idée, je la conservais pour le spectacle. Cela dit, en magie, il y a un certain nombre de tours de base qu’on peut proposer; disparaître, apparaître, passer à travers quelque chose, léviter… mais ce n’est pas pareil de faire passer une pièce de monnaie à travers une table ou un être humain à travers un mur. Je joue là-dessus pour voir ce qui va impressionner le plus, pour déterminer comment raconter mon histoire. La surprise vient du fait que les gens ne savent pas sur quelle illusion se terminera un numéro.
Et comme c’est un spectacle assez interactif, il y a un élément d’improvisation…
Oui, comme c’était le cas à la télé. Par contre, on a changé un peu l’approche pour ne pas faire continuellement monter des gens sur scène; parfois des objets sont lancés dans la salle, à d’autres moments, je m’adresse à certains spectateurs… Il y a même de la magie qui se produit entre les sièges! Et ça donne un spectacle un peu différent de soir en soir; les numéros ne finissent pas forcément toujours de la même façon!
Réellement sur scène
Au Théâtre St-Denis
Mercredi et jeudi à 20 h