Les bas-fonds des Champs pétrolifères
Une famille dysfonctionnelle. Une maison de banlieue. Un quotidien lourd, chamboulé par l’arrivée d’une adolescente marginale. On pourrait croire que les choses s’amélioreront. Au contraire.
Avec la pièce Les champs pétrolifères, présentée à Espace Go, on plonge davantage vers les bas-fonds humains.
Cette famille, c’est Barbara (Annette Garant), femme et mère qui réussit professionnellement et qui explore tous les tons de beige dans son habillement. Une dominatrice qui prépare à son clan les plats préférés de son amant. C’est aussi Bernard (Jacques Girard), homme et mari sans envergure qui espionne ses voisins. Entre eux, Bruno (Guillaume Cyr), le fils mal-aimé qui colle à la maison et que ses parents aimeraient bien voir disparaître, sans s’en cacher.
Puis, arrive Blanche. Punkette, marginale. Bruno l’amène à la maison après une virée en moto. Étrangement, c’est l’arrivée de cette jeune femme, brillamment incarnée par Marilyn Castonguay, qui apporte un peu de naturel dans la pièce. Mais Blanche perturbe le fragile équilibre de la maison. Bernard l’aime un peu trop tout de suite. Barbara la déteste, puis décide de faire d’elle ce qu’elle veut. Sous l’emprise de Barbara, Blanche deviendra Coralie et restera dans la famille en devenant sa possession. Cela, en échange d’argent et d’un beau téléphone intelligent.
L’histoire est sans contredit troublante et laisse une impression pesante. L’écriture est recherchée, mais un peu décalée par rapport au jeu des acteurs, qui peinent à se l’approprier. On arrive difficilement à croire qu’une famille, aussi dysfonctionnelle soit-elle, communique ainsi en s’écoutant parler, presque en monologuant. Difficile de croire aussi en l’issue particulièrement tordue. On regrette finalement l’allégorie un peu clichée de la banlieue : propre en apparence, pourrie en dedans.
Les champs pétrolifères
À Espace Go
jusqu’au 14 décembre