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François Bellefeuille a «tout inventé»

Photo: Denis Beaumont/Métro

Sur scène, François Bellefeuille a un personnage. Il crie, il se fâche, il a une logique… particulière. Mais dans la vie, François Bellefeuille est un être calme et posé. Et c’est également de cette manière que l’hirsute humoriste nous a parlé de son premier one man show, mis en scène par Martin Petit. Compte rendu d’une discussion calme et posée, donc. On n’a même pas eu besoin d’écrire en CAPS LOCK.

On n’était pas sûr si vous alliez nous accueillir avec un «Kessé tu veux, &%$ de ?%!» ou bien avec une salutation polie, comme ce fut le cas. Dans le même ordre d’idées, sentez-vous que les gens qui vous abordent dans la rue s’adressent plus à votre personnage qu’à votre personne?
Écoute! Dans la rue, au centre d’achat, à l’épicerie… c’est le personnage qu’ils rencontrent, et ils ont toujours autant d’énergie que lui, ils citent même des blagues qu’il fait sur scène. Je crois que les gens réagissent différemment quand ils croisent un humoriste et quand ils rencontrent un comédien. Avec l’humoriste, ils n’ont pas peur d’être explicites, de le coller… C’est comme s’ils voyaient un chum.

Vous recevez souvent des colleux?
Les gens veulent des contacts physiques, oui. Quand j’ai peur d’attraper le rhume – comme maintenant, parce que la première s’en vient –, pendant que la personne me parle et me dit qu’elle aime ce que je fais, moi, je l’observe pour voir si elle a des symptômes de rhume. J’ai 30 secondes pour voir si elle renifle. Mais tsé, quand il fait froid comme ça, ça se peut qu’elle renifle simplement parce qu’il fait froid. Finalement, ça m’angoisse trop. Donc, je reste chez nous.

Laquelle de vos blagues vous faites-vous citer le plus souvent?
Je me fais souvent crier «Le faucon!» Et «Les bananes», aussi. Mais de plus en plus, ça varie. Je suis content. Si j’entendais toujours la même affaire, ce serait problématique. Ça voudrait dire que je n’ai pas réussi à me dépasser.

Donc, vous pouvez mesurer votre évolution à l’éventail de gags que vous vous faites citer.
Exactement. D’ailleurs, dans mon one man show, j’ai mis de côté les numéros avec lesquels j’ai connu le plus de succès. J’ai quelques numéros qui sont déjà passés à la télé, mais je les ai «pimpés», je les ai rendus encore meilleurs. J’essaye toujours de faire mieux. C’est mon leitmotiv. Leitmotiv, on peut dire ça?

Ouaip.
C’est bien. J’essaye de ploguer un mot plus cérébral dans mes entrevues et quand je le fais, je regarde la réaction du journaliste. Leitmotiv, ça semble être bon… Parce que des fois, attention, j’utilise des faux mots. Je mets des pièges.

Quand on parle de vous, on parle souvent de votre passé de vétérinaire. À quel point êtes-vous tanné qu’on y fasse référence?
Ben… un peu, mais je comprends, c’est la game. C’est juste que… je trouve que c’est me prendre au premier degré. Je parle beaucoup d’animaux sur scène, mais c’est simplement parce que je les aime. Éventuellement, on va arrêter d’en parler, mais… En fait, ce que je n’aurais pas aimé, c’est être obligé de raconter des histoires de vétérinaire en spectacle. Tsé, devenir l’humoriste qui fait: «Faque une fois, je reçois une cliente, pis elle me dit: “Mon chien est mort!” Hé hé hé.» Je suis fier de ne pas avoir eu besoin de jouer cette carte-là sur scène.

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Dans votre spectacle, on va retrouver des thèmes qui vous sont chers?
Qui me sont chers? Non, non, pas tant que ça. (Rires) Tout est inventé. Je ne suis pas dans la catégorie des humoristes qui mettent leurs tripes sur la scène et parlent d’eux. Moi, je m’inspire de ce que je vis pour créer une histoire à mon personnage.

Est-ce qu’on risque d’en sortir… transformé?
Non. Ce que je veux, c’est faire rire au maximum pendant une heure et demie. Il n’y a rien de facile dans ce que je fais, les jokes ont été réfléchies, pensées plus d’une fois. Sur le plan du travail mental, l’effort a été fait. Il y a de l’intelligence dans le texte, même si mon personnage est, en théorie, très enfantin, colérique, un peu épais… Mais je n’ai pas la prétention de changer la vie des spectateurs. Je veux juste leur faire passer un bon moment.

Vous avez qualifié votre personnage d’«un peu épais» – vous le pensez vraiment?
Je dirais qu’il a une intelligence, oui, mais… il n’y a pas de zones grises dans sa tête. Tout est noir ou blanc, et c’est lui qui décide. Il a quand même une réflexion intéressante. Il observe la vie avec un regard d’enfant. Il n’est pas épais, mais mettons qu’il ne réfléchit pas beaucoup à ses affaires. Il ne pèse pas le pour et le contre. Il y va avec ses émotions.

François Bellefeuille
Au Monument-National
Mardi et mercredi à 20 h

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