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Délires et décibels avec François Bellefeuille

Photo: Yves Provencher/Métro

L’alter ego de scène de François Bellefeuille est complètement disjoncté, dépourvu d’habiletés sociales, criard… Et pourtant, dès son entrée sur scène, il a réussi à conquérir le public du Monument-National.

Il faut dire que le public l’attendait, ce premier one-man show. C’est qu’on a déjà souvent vu l’hirsute humoriste dans divers galas, où son numéro sur le faucon (qui ne fait pas partie du spectacle) ou sur la façon de manger son spaghetti (qui, lui, en fait partie) font déjà partie des favoris de bien des gens. Mais Bellefeuille a tenu à avertir le public de ne pas se faire d’attentes trop élevées: «Le show que je vais présenter ce soir ne répond pas à mes attentes!» a-t-il ajouté, avant de préciser qu’il aurait voulu qu’en sortant, «la seule chose que vous ayez envie de faire, c’est du bénévolat!» Ce ne fut peut-être pas le cas, mais les attentes des spectateurs n’ont certes pas été déçues.

C’est lorsqu’il se fait inventif et explore des avenues originales que Bellefeuille est à son meilleur. Ses deux numéros les plus forts, sans hésitation: celui où il commente deux livres pour enfants (Une glace à la grenouille et Caca boudin) avec moult observations qui nous auront littéralement fait pleurer de rire; et un excellent moment où il suggère que Dieu aurait pu retaper un peu la planète, et où, au moyen d’une mappemonde projetée derrière lui, il entreprend de déplacer des morceaux de pays pour créer un monde «idéal». Surprenant, ingénieux et hilarant.

Plus classique peut-être, le reste du spectacle, dont la mise en scène est signée Martin Petit, jouit d’un bon rythme: l’adorable antipathique nous parle des fous de Bassan qui sont en couple pour toute la vie («C’est parce qu’ils sont tous pareils! Ils se demandent: « Je devrais tu vraiment tromper ma femme avec une fille qui est identique à mon frère? »»), de cheveux (évidemment), de régime, d’enfants («Pourquoi je voudrais des enfants? Pour la même raison que tout le monde, pour sauver de l’impôt!»)… Des textes solides cosignés avec Louis T. et Olivier Thivierge.

On peut adhérer ou non à la proposition de François Bellefeuille, à ce ton criard et à cette bouille ahurie qui ont fait sa renommée: dans notre cas, une fois de plus, on a eu un plaisir fou.

Notons au passage la courte première partie, efficace et rythmée, signée Pierre-Luc Pomerleau: un humoriste de la relève qu’il faudra surveiller…

François Bellefeuille est à nouveau au Monument-National mercredi soir, et sera en supplémentaires au Théâtre St-Denis les 4 et 5 avril (des représentations déjà complètes) et à l’Olympia les 2 et 3 mai.

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