Commedia: une vie sans comédie
L’impression que donne Commedia, présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 9 avril, est que la vie de Carlo Goldoni présente peu d’intérêt. Les spectateurs sont transportés d’un épisode de la vie du célèbre auteur de théâtre italien à un autre de façon non linéaire, à travers les souvenirs d’un Goldoni d’âge mûr qui s’apprête à quitter Venise après des années à y produire des pièces.
Inspirée de divers écrits sur Goldoni et de son œuvre, Commedia est une fiction imaginée par Pierre Yves Lemieux. La part de mystère sur la vie de Goldoni aurait été une occasion de construire un personnage au destin unique. Mais non. On assiste aux tourments assez peu originaux d’un auteur au fil du temps. Le jeune Goldoni doit composer avec un père absent. Plus tard, il subit le manque d’inspiration, les crises de ses actrices, les mauvaises critiques, le deuil, le manque d’argent. Il se pose des questions existentielles et remet en question les règles établies dans le milieu du théâtre.
Le gros défaut de la pièce est l’absence d’intrigue. Il n’y a pas de quoi être vraiment amusé non plus, puisque Commedia n’est pas une comédie. Le public peine donc à rester captivé durant deux bonnes heures, malgré la mise en scène dynamique de Luce Pelletier.
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Notons tout de même les prouesses de l’équipe de comédiens, qui jouent presque tous une dizaine de rôles et réussissent, en portant toujours le même costume, à les rendre tous différents.