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Hippocampe fou s’amène aux Francos

Photo: Bertille Chéret\collaboration spéciale

Le gagnant de l’an dernier du volet français du Prix Félix-Leclerc, Hippocampe fou, s’amène aux Francos de Montréal le temps de deux spectacles extérieurs gratuits.

L’an dernier, le jury du Prix Félix-Leclerc avait été séduit par Karim Ouellet – qui se passe désormais de présentation – et, du côté de l’Hexagone, par le «rap aquatique» d’un Français du nom d’Hippocampe fou (Sébastien González dans la vie de tous les jours). Un an plus tard, l’artiste débarque aux FrancoFolies de Montréal – après s’être produit à celles de Spa, en Belgique, et de La Rochelle, en France – pour attirer quelques «aquamigos» québécois dans son univers sous-marin…

Fils d’un musicien d’origine colombienne, Sébastien González baigne dans la musique depuis sa tendre enfance, et il lui est toujours apparu naturel de suivre la voie tracée par son père. Mais c’est d’abord par l’intermédiaire de vidéos diffusées sur le web qu’Hippocampe fou s’est fait connaître. «J’avais fait des études en cinéma parce que ça m’a toujours passionné, raconte-t-il. Et c’est avec des petites vidéos de type websérie, Vidéo Rap, que j’ai commencé à sortir de l’anonymat, il y a quatre ou cinq ans. Je trouvais ça cool parce que je pouvais raconter plein de petites histoires de façon plus rapide qu’en m’embarquant dans un court métrage, par exemple. Puis, j’ai découvert le côté spectacle vivant, face à des gens, que je n’avais pas expérimenté en mettant des vidéos sur l’internet. Une fois qu’elle est faite, une vidéo ne peut pas être adaptée en fonction de la réaction du public, alors que dans un concert, on peut s’ajuster en fonction de la réaction des gens pour aller chercher l’intérêt du public quand on voit qu’il est moins réceptif.»

Celui qui a déjà fait partie d’un trio de beatbox ne dédaigne pas, par ailleurs, «se mettre en danger» lorsqu’il est en spectacle, et propose plusieurs moments improvisés lorsqu’il est sur scène.

Volubile et articulé, Hippocampe fou se reprend souvent au bout du fil, accorde une importance manifeste aux mots qu’il choisit – déformation professionnelle, nous semble-t-il à l’écoute des textes de son premier album, Aquatrip. «Tout ce qui est sur le disque a été travaillé, retravaillé, pensé, repensé, jeté, ressorti de la poubelle… énumère le rappeur. Et, curieusement, plus j’avance dans ma carrière, plus j’écris, et plus ça me prend du temps. C’est que j’essaie de ne rien laisser au hasard, que ce soit à la fois agréable à l’écoute au niveau de la forme, des assonances, des allitérations, du flow, de l’interprétation… Et pour les thèmes aussi: par rapport à des projets antérieurs où j’avais laissé libre cours à ma folie et à l’écriture automatique, j’ai essayé de raconter quelque chose du début à la fin, de respecter le thème.»

Pour écrire Aquatrip, l’artiste s’est d’ailleurs beaucoup inspiré de son vécu pour créer des autoportraits caricaturaux. «J’ai tendance à forcer le trait, à rendre le personnage un peu plus balourd, plus maladroit… Mais c’est vrai que je suis Nul en sport, et Papa au foyer, par exemple. Après, j’ajoute des trucs complètement barrés aux chansons, pour montrer qu’on n’est pas obligés de rester à regarder le monde qui nous entoure, on peut faire travailler son imagination.»

Les Francos seront peut-être l’une des dernières occasions de voir l’aqua-univers d’Hippocampe fou, puisque ce dernier a l’intention de faire évoluer, au vrai sens du terme, sa créature marine: «Petit à petit, je mue, j’ai envie que la créature aquatique sorte de l’eau et devienne terrestre, qu’il lui pousse des petites pattes. Je ne veux pas m’enfermer dans ma bulle aquatique. À un moment donné, les gens vont se lasser, je vais devenir aquapénible! Mais ce qui va se passer aux Francos… ce sera un vrai ‘‘aquashow’’!»

Salut, Montréal!
Quelques semaines avant les FrancoFolies, Hippocampe fou est venu une première fois à Montréal afin d’y tourner des capsules avec une vidéaste établie à Montréal, Catherine Villeminot. Dans cette minisérie décalée en deux épisodes, le rappeur rencontre le Montréalais Freddy Gruesum – connu pour ses battles a capella – et le célèbre SoCalled.

«Quand j’étais ado, j’ai voulu être acteur, puis réalisateur, explique Hippocampe fou. Je me suis pas mal impliqué dans la création de ces vidéos, et j’ai aussi été devant la caméra à jouer la comédie; du coup, ça a assouvi une espèce de fantasme d’adolescent. Ç’a un peu été la rencontre de trois choses que j’adore: le documentaire, le voyage et la musique.»

Pour voir le résultat: facebook.com/hippocampefou
Hippocampe fou
Sur la scène La Presse+
Jeudi à 21 h et vendredi à 23 h

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