Benicio Del Toro: «J’ai de la pitié pour Escobar»
Il est la forte valeur ajoutée de Escobar: Paradise Lost, thriller dans lequel il ressuscite le baron de la drogue Pablo Escobar. Métro a recueilli les confidences de l’impressionnant Benicio Del Toro.
Benicio Del Toro semble vouloir se spécialiser dans les figures cultes de l’Amérique latine. Après avoir incarné le Che pour Steven Soderbergh en 2008, l’acteur d’origine portoricaine devient Pablo Escobar, icône criminelle des cartels colombiens, dans Escobar: Paradise Lost, le premier film de l’acteur télé italien Andrea DiStefano. «Mais attention, ce film n’est pas un biopic, insiste Benicio. C’est un divertissement et un thriller psychologique centré sur la relation entre Escobar et un Américain pris dans ses filets.»
Le roi de la cocaïne n’est en effet ici qu’un personnage secondaire, l’action tournant plutôt autour de Nick, jeune touriste qui, en tombant amoureux de la nièce du trafiquant, se retrouvera malgré lui enrôlé dans une spirale criminelle. «Cette relation est l’occasion d’aborder Escobar sous un angle différent de celui de la biographie. On capte des bribes de sa personnalité et de sa vie dans la sphère politique, familiale, mais aussi dans ses activités criminelles», nous raconte l’acteur qui a dévoré des livres, des archives et des documentaires pour comprendre son personnage.
«Je ne ressens ni empathie ni haine envers lui, insiste le comédien. Juste de la pitié. C’était un homme très intelligent qui a gâché son talent et son énergie en les mettant au service du mal. Mais il n’était pas qu’un monstre. Si l’origine de son argent et la plupart de ses actes sont condamnables, il a aussi beaucoup œuvré pour aider les plus pauvres qui, en Colombie, le considèrent souvent comme un héros, un protecteur du peuple.»
Escobar: Paradise Lost
En salle dès aujourd’hui